‹ Bourdaloue, sa prédication et son tempsChapitre 252 sur 341 · LE JEU AU XVII« SIÈCLE · texte numérisé non relu

LE JEU AU XVII« SIÈCLE

éanmoins assez de santé pour passer des nuits dès qu'il agit de son jeu * : » ce tableau n'avait rien d'outré. N'élit-ce pas l'image fidèle de la maréchale de Clérembault, ar. exemple, qui, d'après Saint-Simon, n'interrompait son (( que le temps des deux repas, et trouvait mauvais en- 3re qu'on la quittât à deux heures après minuit... Qui eût cru, on eût fait ses repas sans quitter les cartes ^. » ette manie suivait les gentilshommes jusque dans les amps ; les gouverneurs et les lieutenants-généraux, dans js provinces ^, l'autorisaient par leur exemple : tout le londe se livrait au démon du jeu par goût, par mode, par varice ou par vanité. Si, dans sa comédie du Joueur^ egnard s'est élevé au-dessus de lui-même, c'est qu'il y lit la peinture d'un des travers les plus répandus et les plus lillants de ses contemporains; c'est qu'il est soutenu par ; spectacle de la réalité, sans doute même, on peut le roire, par les souvenirs personnels de sa propre expénce.

Mais le jeu, selon Bourdaloue, est « un abîme qui attire !i autre abîme, ou même cent autres abîmes. »

« Car de là viennent ces innombrables péchés qui en sont s suites;... de là le pernicieux exemple qiie vous donnez à )s enfants;... de là ces tricheries indignes, et, s'il m'est permis user d'un terme plus fort, ces friponneries que cause Tavidité u gain *... »

On voudrait croire, ici surtout, que le prédicateur Bsombrit le tableau. Mais Saint-Simon, madame de Séigné, les Mémoires du comte de Grammont, a fripon au 5u à visage découvert ^, » tous les autres témoignages Dufirment l'accusation. Un homme d'une grande nais-

1. Sur les Divertissements du monde, 2« partie, t. V, p. 327-328.

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