Ibid., p
siècle nous en voyons tous les jours ; un homme du monde, dont par une habitude pitoyable la sphère est bornée au plaisir et à Tennui ; qui passe sa vie à de Mvoles amusements, à s'informer de ce qui se dit, à contrôler ce qui se Mt, à courir après les spectacles, à se réjouir dans les compagnies, à se vanter de ce qu'il n'est pas, à railler sans cesse, sans jamais rien faire de sérieux; un chrétien... qui ne sait ce qu'il fera niée qu'il deviendra, quand une assemblée ou une partie de jen lui manque;... une femme professant la religion de Jésus-Christ, tout appliquée à l'extérieur de sa personne ; qui n'a point d'antre exercice que de consulter un miroir, que d'étudier les nouvelles modes, que de parer son corps ; qui, négligeant ses pro» près devoirs, est toujours prête à s'ingérer dans les aflTains d'autrui, ne sachant rien et parlant de tout, ne s'instniisant pas où il le faut, et faisant la suffisante où il ne le faat pas, qui croit qu'elle accomplit toute justice quand elle va inutUemôit de visite en visite, qu'elle en reçoit aujourd'hui, qu'elle en rend demain,... et qui, à l'heure de la mort, ne peut rendre à Dieu d'autre compte que celui-ci : J'ai vu le monde, j'ai pratiqué le monde : encore une fois, un homme, une femme, peuTent-Os se persuader que tout cela soit conforme à cet ordre de justice que Di^u a établi sur nous en qualité de pécheurs ? Cette continuité de jeu, cette vie de plaisir, est-il rien de plus opposé aux idées que Jésus-Christ nous donne de notre condition? Quand il n'y aurait point de christianisme, l'homme, en jogeant de tout cela selon la raison, le pourrait-il approuyer? et si au tribunal de sa raison seule il est obligé de le condamner, quel jugement croyez-vous que Dieu en portera lui-même >? »
Il faut se représenter ces habitudes de la vie du monde au dix-septième siècle pour comprendre les Pensées de Pascal sur les Divertissements, Une succession non interrompue de jeux, de chasses, d'assemblées, de spectacles, était nécessaire pour échapper à Tennui et à soi-même. Écoutons la princesse palatine, après un séjour à Versailles, rendre compte de l'emploi de son temps : « Depuis le matin jusqu'à trois heures de Taprès-^midi, ron chassait; en revenant de la chasse, on changeait de costume