‹ Bourdaloue, sa prédication et son tempsChapitre 261 sur 341 · LE SERMON SUR LES DIVERTISSEMENTS · texte numérisé non relu

LE SERMON SUR LES DIVERTISSEMENTS

et ron montait au jeu, où Ton restait jusqu'à sept heures du soir; après la comédie, on soupait; après le souper venait le bal qui durait jusqu'à trois heures du matin, et alors seulement on allait se coucher *. » Sans doute il s'agit ici d'une période de réceptions et de fêtes; mais ces périodes revenaient souvent, et le reste de l'année s'écoulait à peu près de même, avec moins de cérémonial et d'apparat. Si l'on excepte le roi, ses ministres et quelques personnages, la plupart de naissance médiocre, à qui leurs charges imposaient un labeur effectif, les hommes de qualité ignoraient toute occupation sérieuse, et ne travaillaient qu'à tromper le temps. Aussi trouvons-nous dans le sermon sur les Divertissements du monde ^ un complément naturel, et non moins instructif, du sermon sur VOisiveté. Bourdaloue y fait cette observation, que les divertissements les plus innocents sont devenus coupables par l'abus qu'on en fait. Il prend, nous l'avons vu, le jeu pour exemple. Mais ce qu'il dit du jeu se peut appliquer à bien d'autres plaisirs, même à ceux que Bourdaloue condamne comme vicieux en soi. Ce qui faisait en effet le danger deif divertissements au dix-septième siècle , c'était l'importance qu'on leur donnait, la grande place qu'ils occupaient dans la vie. Comment s'étonner, par exemple, que le bal soit rigoureusement proscrit ^, quand nous voyons que le premier bal où paraissait une jeune fille était une grande date dans son existence ? Un bal suffit à empoisonner l'innocence d'Anne-Geneviève de Bourbon, plus tard madame de Longueville, et, de très-pieuse et presque carmélite qu'elle était, la rendit plus que mondaine *. C'est que le

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