‹ Bourdaloue, sa prédication et son tempsChapitre 262 sur 341 · Dominicales. 3® dim. ap. Pâques, t. V, p · texte numérisé non relu

Dominicales. 3® dim. ap. Pâques, t. V, p

3. Sur les Divertissements du monde y l»"® partie, p. 316 sqq.

4. « A son entrée dans le bal, raconte le biographe de la princesse ie Longueville, cité par M. Cousin {la Jeunesse de madame de Lonyueville), et tant qu'elle y demeura, toute rassemblée n'eut plus des yeux que pour elle. Les admirateurs s'attroupèrent et lui prodiguèrent à Tenvi ces louanges déliées, faciles à s'insinuer dans un amour-propre qui ne fait que de naître, et qu^ ne se défie de rien...

hal, s'il perd beaucoup de ses périls quand il n'est plus qu'une distraction et comme une trêve au milieu d'une ^e d'ailleurs sérieuse et occupée , devient fort dangereux pour une âme livrée sans diversion et sans contre-poids à toutes les impressions de la vanité et du plaisir.

De même il faut se reporter aux mœurs du temps pour comprendre l'anathème lancé par Bourdaloue contre les romans ^ Il blâme le temps que Ton consacre h ces lectures frivoles, et cette critique ne semblera pas déplacée si l'on songe aux dix volumes du Cyrus et aux vingt-trois volumes de la Cléopâtre, Mais Bourdaloue va plus loin ; il montre les dangers des romans à la mode, et en déte^ mine très-justement les caractères.

« Qu'est-ce, à le bien définir, que le roman? Une histoire, disons mieux, une fable proposée sous la forme d'histoire, où l'amour est traité par art et par règles; où la passion dominante et le ressort de toutes les autres passions, c'est rameur; où l'on affecte d'exprimer toutes les faiblesses, tous les traniports, toutes les extravagances de l'amour; où Ton ne voit que maximes d'amour, que protestations d'amour, qu'artifices et ruses d'amour; où il n'y a point d'intérêt qui ne soit immolé à l'amour, fût-ce l'intérêt le plus cher selon les vues humaines, qui est celui de la gloire; où la gloire même, la belle gloire est de tout sacrifier à l'amour ; où un homme infiitué ne se gouverne plus que par l'amour, tellement que Tamour est toute son occupation, toute sa vie, tout son objet, sa fin, sa béatitude, son Dieu. Dites-moi si j^ajoute rien; mais en même temps faites-moi comprendre comment, aussi fragiles que nous le sommes et aussi enclins au mal, on peut se retracer incessamment à soi-même de semblables images et n'en pas ressentir les atteintes? Les plus grands saints y résisteraiont-ilsf un ange n'y serait- il pas surpris; et l'innocence même n'y foaitelle point naufrage 2? »

Au sortir du bal, elle sentit son cœur agité de mouvements inconnnt : ce ne fut plus la même personne. »#

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