‹ Bourdaloue, sa prédication et son tempsChapitre 293 sur 341 · Sur le Respect humain^ 3« partie, t. I, p · texte numérisé non relu

Sur le Respect humain^ 3« partie, t. I, p

2. Dominicales. IQc dim. ap. la Pentecôte, sur VÉtat de vie et le S0171 de s'y perfnctiofDier, 1«"« partie, t. VI, p. 303.

3. Panégyriques. Serm. pour la fête de saint François de Paule^ ire partie, t.'xil, p. 233.

Dieu semblaient adorer le roi de la terre et tournaient le dos au roi du ciel ^ Les jeudis et les dimanches, quand le prince devait assister au salut, les tribunes étaient «bordées de dames, » et, sous prétexte de lire dans leurs heures, « elles avaient toutes de petites bougies devant elles pour les faire connaître et remarquer. » Mais a presque aucune ne s'y trouvait, quand on savait de bonne heure qu'il n'y viendrait pas. » Louis XIV lui-même put bien s'en convaincre, le jour où, « toutes les dames placées et attendant le roi, » Brissac, major des gardes du corps, leur joua ce plaisant tour de paraître tout à coup à la tribune et de crier bien haut : « Gardes du roi, retirez- vous; le roi ne viendra pas. » — « Aussitôt» murmures tout bas entre les femmes ; les petites bougies s^éteignent, et les voilà toutes parties, )) excepté trois ou quatre. « Là-dessua arrive le roi qui, bien étonné de ne point voir de dames remplir les tribunes, demanda par quelle aventure il n'y avait personne. Au sortir du salut, Brissac lui conta ce qu'il avait fait, non sans s'espacer sur la piété des dames de la cour. Le roi en rit beaucoup, et tout ce qui l'accompagnait. L'histoire s'en répandit incontinent après; toutes ces femmes auraient voulu l'étrangler ^. »

La Bruyère a écrit : « Un dévot est celui qui, SQUS un roi athée, serait athée ^. » Bourdaloue développe en chaire cette définition concise et profonde.

i( Grâces au Seigneur, qui, par une providence particulière, nous a donné un roi fidèle et déclaré contre le libertinage et

1. V. La Bruyère, de la Cour, V. aussi les intéressantes confârenées do M. Ch. Gidol, réunies en un volume sous ce titre : Les Fmh çais du XVII^ siècle, p. 215 sqq. Beaucoup de textes, < ités par nous dans le présent chapitre, Tout été aussi par M. Gidel; mais il est remarquable que le savant et spirituel conférencier, ei habile à choisir les citations et à les grouper, qui en trouve souvent de si curieuses et de si probantes, ne cite jamais Bourdaloue, et, ei je ne me trompe, ne le nomme même pas. Cela prouve une fois de plus combien Bourdaloue est aujourd'hui négligé, même par les lecteurs qui ont le mieux étudié les mœurs et la littérature du xvn* -siècle.

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