‹ Bourdaloue, sa prédication et son tempsChapitre 30 sur 341 · vol. 8», chez Didier, 1872. T. II, p. 33 sqq · texte numérisé non relu

vol. 8», chez Didier, 1872. T. II, p. 33 sqq

étaient erronés. Mais, par un malheur auquel n'ont songé ni M. Sainte-Beuve ni M. l'abbé Hurel, le sermon sur la Sévérité évangélique n'est nullement celui dont il est question dans la lettre de madame de Sévigné ; car cette lettre est du 25 décembre 1671 ; or, en 1671, Bourdaloue prêchait l'A vent à Saint-Jean-en-Grève et non pas à la cour. Le sermon sur la Sévérité évangélique fut au contraire prêché à la cour, puisque Bourdaloue y adresse la parole au roi. Donc ce sermon n'est pas de 1671, et nous sommes bien obligés de reconnaître que les trbis points sur la retraite de Tréville sont perdus ^

Par contre, il est probable que le sermon dont Arnauld se prévalait pour attaquer Bourdaloue, et qui avait si fort scandalisé la princesse de Gonti, est celui qui nous est parvenu sous ce titre : Sur la Sévérité de la pénitence (premier A vent, troisième dimanche) ^. On y retrouve bien les deux points marqués par Arnauld, le premier oii Bourdaloue prêche la nécessité d'une pénitence sévère, le second où il se retourne contre les directeurs outrés qui rendent cette pénitence impraticable. Toutefois on peut objecter que le sermon Sur la Sévérité de la pénitence ayant été prêché devant le roi 3, il est difficile de se figurer la princesse de Gonti se permettant des gestes de désapprobation au sermon en présence de Louis XIV. Nous répondons que ces libertés dans les églises étaient alors beaucoup moins malséantes qu'elles ne le seraient aujourd'hui ; qu'en 1670 Louis XIV n'était encore ni dévot, ni déclaré contre le jansénisme ; que les jansénistes étaient alors très-hardis, très-bruyants ; que la princesse de Gonti leur prêtait* publiquement son appui à la cour, et que, pour toutes ces raisons, les gestes

1. Il n'est pas impossible que dans le sermon sur la Sévénté évangélique^ prononcé beaucoup plus tard, Bourdaloue reprenne son ancien sermon prêché lors de la retraite de Tréville, mais en le remaniant pour le rendre plus général, en supprimant les allusions trop directes qui n'avaient de raison d'être qu'en 1671.

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