‹ Bourdaloue, sa prédication et son tempsChapitre 31 sur 341 · T. I, p. 133 sqq · texte numérisé non relu

T. I, p. 133 sqq

3. V. p. 165. « Je parle ici, Seigneur, devant le plus grand roi du monde, » etc..

qu'on lui attribue cessent d'être invraisemblables. Rien n'empêche donc d'admettre que le sermon Siw la Sévérité de la pénitence fut prêché en présence du roi et de la princesse de Gonti, c'est-à-dire antérieurement à 1672, année de la mort de cette princesse. Or Bourdaloue n'avait prêché à la cour qu'un Avent antérieur à 1672, celui de 1670, et, en 1670, le troisième dimanche de l'Âvent tombait le 14 décembre. Telle serait la date exacte du sermon Su?^ la Sévérité de la pénitence. L'examen du sermon lui-même ne conduirait pas à une conclusion différente. Lorsque, par exemple., Bourdaloue s'écrie : « Mon Dieu, tandis que vous me confierez le ministère de votre sainte parole, je prêcherai ces deux vérités sans les séparer jamais Je ne serai jamaisasseztémérairepour prêcher votre miséricorde sans prêcher votre justice Je joindrai

l'un et l'autre ensemble Gardant ces règles, mon Dieu, je

ne craindrai rien, et, jusqu'en présence des rois de la terre, je parlerai sans confusion * ; )> ces déclarations ne semblentelles pas marquer que Bourdaloue prêchait alors ses premiers sermons à la cour, et voulait déterminer une fois pour toutes l'attitude qu'il entendait prendre et garder entre la morale relâchée et la morale étroite?

C'est à cette même année 1670 que paraît remonter aussi le sermon pour le second dimanche du premier Avent ^ sur le Scandale^ sermon si bien approprié à cette époque où madame de Montespan était au comble de la faveur et où Louis XIV donnait le spectacle public de ses désordres. Il en est de même du premier sermon, celui pour la Toussaint; le caractère de généralité peu précise du compliment que Bourdaloue y adresse à Louis XIV convient à une période où le prédicateur chrétien ne trouvait encore dans la conduite du prince le motif d'aucun éloge particulier. Cependant le sermon sur la Nativité^ qui termine le premier Avent, n'est pas de 1670. Bourdaloue y fait des vœux ardents pour la pacification de l'Europe, mais en

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