‹ Bourdaloue, sa prédication et son tempsChapitre 303 sur 341 · ABUS DES BÉNÉFICES · texte numérisé non relu

ABUS DES BÉNÉFICES

égal intérêt à maintenir. Parmi les bénéfices entre lesquels se partageaient les immenses domaines de l'Église de France, un grand nombre relevaient uniquement de la faveur royale, et assuraient un gros revenu sans imposer aucune charge. Au moyen des commendes^ et sous ces noms de tributs et de pensions qu'on vient de lire chez Bourdaloue, un bénéficier jouissait presque sans partage de tous les profits d'une abbaye, renonçant avec peine à ce qui était strictement nécessaire pour l'entretien du monastère ou du couvent. Les abbayes étaient* ainsi devenues une ressource commode et toujours convoitée ; « un partage léonien, y séparant le terrestre du spirituel, laissait le jeûne et la prière à la multitude des religieux, et dotait un abbé de cour de leur immense patrimoine *. » On accuse communément l'historien auquel nous empruntons ces lignes d'avoir dénigré le règne de Louis XIV; il ne dit rien ici que Bourdaloue n'ait dit souvent avant lui.

« On sépare l'honneur d'avec la charge et le fardeau, et de deux choses essentiellement jointes ensemble, on prend celle qui flatte l'avarice, l'ambition, et l'on se dispense de celle qui engage à la réformation des mœurs et à leur sanctification. Désordre dont nous ne pouvons assez gémir et qui devient tous les jours plus commun dans le christianisme *. »

« Grande moisson, et peu d'ouvriers, s'écriait encore le prédicateur, ou, si vous voulez, beaucoup d'ouvriers... pour remplir certaines places, pour posséder certaines dignités, pour en avoir l'honneur, les privilèges, les revenus, mais peu pour en porter la charge et le fardeau '. »

Ces expédients ingénieux, contre lesquels Bourdaloue

cessité de rétablir une famille ruinée, ou de soutenir au service des frères et des neveux. Dans un très-petit nombre on parlait de la vertu du candidat, et toujours comme d'une considération secondaire. »

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