‹ Bourdaloue, sa prédication et son tempsChapitre 309 sur 341 · CLERGÉ MONDAIN · texte numérisé non relu

CLERGÉ MONDAIN

évêques d'autrefois, revêtir la cuirasse et manier Tépée, s'en consolaient en chassant dans les terres de leur diocèse. Madame de Sévigné et Saint-Aubin, se promenant un jour à Livry, entendirent « passer comme une personne au travers des arbres : nous avons regardé ; c'était un grand chien courant. Qu'est-ce que cela? a dit Saint- Aubin. — C'est un des aumôniers de M. de Senlis, lui ai-je dit^ » La chasse du moins obligeait ce prélat à la résidence. 11 ne faisait pas comme tant d'autres, gui ne bougeaient de la cour. « Quelle folie d'aller à Reims ! disait madame de Coulanges à Maurice Le Tellier, d'abord coadjuteur, puis archevêque de ce diocèse, et qu'allez-vous faire là ? Vous vous y ennuierez comme un chien : demeurez ici, nous nous promènerons. — Ce discours à un archevêque nous fit rire, ajoute madame de Sévigné ; nous ne le trouvâmes nullement canonique*. » M. de Reims résista à cette plaisante invitation de madame de Coulanges. 11 partit; mais ikentendait bien ne pas se confiner à Reims pour tôtffôurs. On le revit souvent à Saint-Germain et à Versailles, « Il était fort de la cour et du plus grand monde, et gros joueur'*, » dit Saint-Simon. Celui-là savait tout concilier, la résidence et la cour, le jeu et l'administration de son diocèse.

Le jour où l'évêque de Langres, M. de Cordes, retourna dans le sien, on ne fut pas moins édifié que surpris. On l'avait vu jusque-là « jouer à toutes sortes de jeux et le plus gros jeu du monde. » M. de Vendôme, M. le Grand le regrettaient fort; car, plus habiles que lui au billard, ils lui avaient gagné de grosses sommes. Au bout de quelque temps, M. de Langres revient. Les joueurs de billard s'empressent, et lui proposent de rejouer. Il se fait prier. Gomment pourra-t-il soutenir la lutte, lui qui vient de passer plusieurs mois à Langres, contre des joueurs qui s'exercent tous les jours? On insiste; il cède. Il bat

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