Saint-Simon, t. VIII, c. vi, p
tous ses adversaires, et regagne plus qu'il n'avait perdn. C'est qu'il avait passé tout le temps de sa ré8idenee«% étudier en secret, dans son palais épiscopal^ les adresses du billard, » et à préparer sa revanche. Yoilà qneDes étaient les occupations d'un prélat qui « n'avait rien de mauvais, même pour les mœurs, mais qui n'était pas fidt pour être évêque*. »
Tels sont quelques-uns de ceux que Bourdaloue appeDe « des prêtres tout mondains, » toujours occupés < de soins temporels. »
(( Mondains dans leurs habitudes et leurs sociétés^ voulant être de toutes les assemblées, de tous les jeux, de tons lei plaisirs, de tous les spectacles ; mondains dans leurs manières et leurs discours, affectant de se distinguer par des airs dissipés, par des paroles indécentes, par des excès de joie el des libertés dont ils se flattent qu'on leur applaudit, et dont ils se font un faux mérite; mondains jusque dans leurs vêtements, et par où? par toute la propreté, par tout l'ajustement, par tout le luxe qu'ils peuvent joindre à la sévérité évangéliqne. Ah I Seigneur, sont-ce donc là ces ministres que vous avez spé* cialement consacrés ? sont-ce là les dépositaires de votre puissance, et est-ce en de telles mains que vous avez prétendu livrer votre corps et votre sang * ? »
Enfin, ce qui ramenait sans cesse le clergé aux pFéoocupations humaines, c'étaient ses privilèges dans l'Etat. Il avait tous les avantages, mais aussi toutes les tentations et tous les défauts d'une caste favorisée. Les prêtres n'étaient pas moins orgueilleux que les nobles, ni les prélats moins chatouilleux sur leurs droits que les grands seigneurs. Aussi, à côté des prêtres intéressés, voluptueux, ou tout mondains, Bourdaloue n'a pas oublié le portrait des « prêtres vains et présomptueux, »
(( Jésus- Christ ne recommandait rien davantage à ses «p^
i, Saint-Simon, t. I, c. ivii, p. 295.
2. Exhortations. Sur la Dignité^ etc., 1" partie, t. VIU, p. 235-