Ibid. 2« partie, t. XI, p
au Carême de 1675, Bossuet avait obtenu que le roi cessAt de voir madame de Montespan et se rencUt seul à l'armée. Mais jamais Louis XIY ne fut plus préoccupé de plaire à celle même dont il s'éloignait, jamais il ne poussa pins loin pour elle la folie de ses prodigalités, que pendant cette séparation mensongère ^ Bossuet ne peut empêcbér une réconciliation éclatante et un impétueux retour des premiers enivrements. Le crédit de l'orgueilleuse favorite parut plus assuré que jamais : elle étala sans pudeur rinsolence de son triomphe.
Le coup porté par Bossuet semblait manqué; mais il avait fait une blessure qui ne tarda pas à se rouvrir et qui ne guérit jamais. L'amour fut bientôtde part et d'autre irritable et querelleur; les brouilleries, pour être moins publiques, ne furent que plus sérieuses et plus profondes; cette liaison enfin, qui semblait ne devoir point finir, devint pour le roi une habitude difficile à quitter, mais pesante, et qui s'usa dans les reproches mutuels et dans les violences.
Bourdaloue prêcha fréquemment à la cour pendant ces années troublées *. Il redoubla ses coups. Le CaritM que nous possédons, et qui est de cette époque, est plein de sollicitations pressantes, d'exhortations et de menaces qui vont droit au roi. Tantôt il engageait à toutes les mortifications prescrites par l'Église les pécheurs a non-seulement responsables à la justice divine de mille dettes contractées dans le passé, et dont il faut s'acquitter; mais encore liés par de longues habitudes qui les rendent plus sujets à de fréquentes rechutes daus l'avenir, dont il faut se préserver ^ » Tantôt il montrait la puissance de la grflce sur les plus endurcis et prenait pour exemple la Samaritaine.