Ibid., p
« Combien voit-on d'impudiques qui se conyertissent?.,. Us se défont d'un engagement, mais ce n'est que pour en former un autre. La fréquentation de cette personne leur devenant même nuisible selon le monde, ils s'en éloignent; mus ils prennent parti ailleurs : au défaut de celle-ci, ils irouTeront celle-là... Quand donc feront-ils ime vraie pénitence *? »
Tels sont les avertissements et les reprocheS| Toflés, mais transparents, que Bourdaloue eut le courage de fiiire entendre à Louis XIY. Ce ne fut point en pure perte. Après quelque temps d'hésitation, le roi revint au deyoir. Mademoiselle de Fontanges avait brillé et disparu comme un météore. Elle était morte triste et délaissée en juillet 1681, à Chelles, oii depuis un an elle survivait à son éclatante et courte fortune. Madame de Montespan eut encore quelques jours d'illusion : mais elle ne put ressaisir Taficendant ; le cœur lui avait échappé. Louis la fréquenta de moins en moins et finit par la délaisser tout à fait. Sans doute rhonneur de cette séparation définitive ne revient pas seulement à Bourdaloue. L'habile diplomatie de madame de Maintenon et l'inclination croissante qu'elle sat inspirer au roi contribuèrent plus à ce dénouement que les conseils des prédicateurs, des confesseurs, et de tons ceux qui avaient autorité pour s'adresser à la conscience du prince. Madame de Montespan elle-même, par son humeur dominante et querelleuse, y travailla, sans le vouloir, plus que personne. Mais il est incontestable que les influences chrétiennes, et principalement la prédication de Bourdaloue que le roi entendit si souvent dans ces temps de crise intérieure, préparèrent cette lente évolution des sentiments de Louis XIY, et la firent tourner à l'avantage de la morale et du devoir. Bourdaloue, Bossuet, le P. de La Chaise n'emportèrent pas de haute lutte une conversion éclatante; ils ne hâtèrent pas beaucoup peut-êti^e l'henre où la lassitude et le dégoût devaient dénouer le trop long attachement qui (n^ait enchaîné le roi ; mais ils obtinrent