T. III, p. 135 et
2. T. I, p. 533 sqq. — Il est plusieurs fois question de Bourdaloue dans l'ouvrage du cardinal Maury : voy. surtout quelques pages sur les Panégyriques de Bourdaloue, t. T, p. 202.
M. Sainte-Beuve et les appréciations erronées qui en sont les conséquences. M. Sainte-Beuve n'en est pas moins un de ceux qui ont jugé Bourdaloue avec le plus de vérité et de justice. Après avoir plusieurs fois déjà, dans ses études sur Port-Royal^ rencontré le célèbre prédicateur, il lui a consacré deux de ces spirituels lundis * où il prend la fleur de tous les sujets, et touche les points essentiels de chacun d'une main si légère et si sûre, qu'il découragerait ceux qui viennent après lui, si Ton n'espérait pas, dans un travail plus étendu, confirmer par quelques motifs nouveaux ce qu'il a si bien senti, et approfondir ce qu'il n'a pu qu'effleurer.
h' Histoire de la Littérature française de M. Désiré Nisard, ce monument capital de critique classique et sévère, contient sur Bourdaloue comparé à Bossuet et à Massillon quelques pages magistrales ^, dont on sentira d'autant plus la justesse et la force qu'on connaîtra mieux ces orateurs sacrés.
La critique protestante mérite dans la bibliographie ^e Bourdaloue une place spéciale ; car, nous ne sommes pas les premiers à en faire la remarque, Bourdaloue a trouvé chez les protestants des juges très- favorables et beaucoup d'admirateurs. Il faut citer en première ligne M. Vinet, dont nous ne saurions accepter toutes les appréciations, mais qui a écrit sur Bourdaloue des articles pleins d'une gravité équitable et judicieuse que nous nous plaisons à reconnaître ^.
Bourdaloue est fort goûté à l'étranger, et particulièrement en Angleterre. La Revue d'Edimbourg a donné en décembre 1826 un article sur V Eloquence de la chaire attribué à lord Brougham, où l'admiration pour l'éloquence
1. Causeries du lundi, t. IX. On m'assure que ces deux lundis ont mérité les honneurs de la lecture publique au réfectoire dans une maison de jésuites.