‹ Bourdaloue, sa prédication et son tempsChapitre 42 sur 341 · T. XV, p · texte numérisé non relu

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sur la Sévérité de la Pénii ence, n'est point un jugement souverain ni définitif, mai j un jugement dont il y a appel

au tribunal de Dieu Car c'est à ce redoutable jugement

que nous devons être jugés en dernier ressort; c'est là que notre Dieu, qui, par sa prééminence et par sa grandeur, est le juge de tous les jugements, réformera un jour les nôtres K » Ces lignes sont précisément le résumé et comme la matière du sermon pour le vingt-quatrième dimanche après la Pentecôte ^, où Bourdaloue oppose la vérité infaillible et l'équité inflexible du jugement de Dieu à nos hypocrisies, à nos faiblesses et à nos relâchements ^. Bourdaloue se plaint souvent que le temps lui manque : il voudrait insister davantage, développer plus longuement. « Quel champ, chrétiens, s'écrie-t-il, et quelle matière à nos réflexions ! — Je serais infini si je voulais épuiser cette matière. — Cette pensée, pour être bien développée, demanderait un discours entier. » On serait tenté de ne voir dans ces paroles que des formules vaines, des hyperboles convenues. Bourdaloue nous prouve qu'il faut les prendre à la lettre, tant il a le secret d'approfondir, d'étendre et de féconder un sujet.

Quelle que soit, en efTet, la vérité qu'il annonce, ou la morale qu'il prêche, ou le vice qu'il combat, il explique, il éclaircit, il distingue, il réfute, remontant à des principes que souvent il ne se contente pas d'exposer, mais qu'il confirme par une argumentation solide, raisonnant tout, prouvant tout, revenant à deux ou trois reprises sur la même idée, pour la mettre, comme il le dit lui-même, « dans un nouveau jour. » — « Parlons plus clairement,» dira-t-il après un développement déjà fort clair, et quinze lignes plus bas : « Donnons encore à ceci un nouvel éclaircissement. » Ce n'est qu'avec peine au'il se décide à quit-

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