‹ Bourdaloue, sa prédication et son tempsChapitre 86 sur 341 · Carême. Mercredi des Ceudre?, t. Il, p · texte numérisé non relu

Carême. Mercredi des Ceudre?, t. Il, p

décomposition, contempler enfin « ce je ne sais quoi qui n^a plus de nom dans aucune langue. » Bossuet ne s'arrête qu'au moment où il rencontre ce qui ne peut se peindre, le néant, qu'au moment où « tout est mort en l'homme, jusqu'à ces termes funèbres par lesquels on exprimait ses malheureux restes K » Tantôt il semble se mettre du parti de son grand Dieu pour rabaisser et mépriser notre misérable nature. « Vive TÉternel ! 0 grandeur humaine, de quelque côté que je t'envisage, sinon en tant que tu viens de Dieu et que tu dois être rapportée à Dieu, car, en cette sorte, je découvre en toi un rayon de la Divinité qui attire justement mes respects ; mais en tant que tu es purement humaine, je le dis encore une fois, de quelque côté que je t'envisage, je ne vois rien en toi que je considère, parce que, de quelque endroit que je te tourne, je trouve toujours la mort en face, qui répand tant d'ombres de tout parts sur ce que l'éclat du monde voulait colorer, que-je ne sais plus sur quoi appuyer ce nom auguste de grandeur, ni à quoi je puis appliquer un si beau titre *. » — Tantôt il prend en pitié nos faiblesses, dans le sentiment douloureux de notre commune misère : « 0 Dieul encore une fois, qu'est-ce que de nous? Si je jette la vue devant moi, quel espace infini où je ne suis pas I si je la retourne arrière, quelle suite effroyable où je ne suis plus ! et q j'occupe peu de place dans cet abîme immense du tempsi Je ne suis rien ; tin si petit intervalle n'est pas capable me distinguer du néant : on ne m'a envoyé que pour faire nombre; encore n'avait-on ^ud faire de moi, et laplè n'en aurait pas été moins jouée, quand jfe sel'aîë dein b derrière le théâtre ^ »

Sont-ce là de beaux effets oratoires, vains et stérilet autant qu'éloquents? Non : aucune de ces images, aucune de ces émotions n'est inutile. Par elles, toutes les parties

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