Premier Avent, 4« dim., t. I
BOURDALOUE THEOLOGIEN 173
vérité de la pénitence •*, à savoir que la pénitence est un jugement que nous faisons de nous-mêmes, et que dans ce jugement nous tenons la place de Dieu. Il faut donc y apporter la même exactitude rigoureuse, la même sévérité, la même équité inflexible dont Dieu usera dans ses jugements. Et Bourdaloue commente cet autre texte de Tcrtuilien : PœnitentiaDei indignatione fungitui\ Puis, passant à la seconde partie, et voulant montrer la douceur d'une pénitence sévère, il explique que cette pénitence, par cela même qu'elle fait en nous la fonction de la colère de Dieu, satisfait en même temps sa justice et nous donne la paix. Il arrive même au raffinement, à la quintessence théologique, défaut qu'il n'évite pas toujours. « La pénitence fait donc, parce qu'elle est sévère, la fonction de la colère de Dieu ; mais elle la fait bien plus efficacement que la colère de Dieu même, ou plutôt elle fait en nous ce que la colère même de Dieu toute seule n'y peut faire. Pourquoi ? c'est qu'au lieu que la colère de Dieu punit en nous le péché sans l'effacer, la pénitence l'efface en le punissant ; c'est que la colère de Dieu toute seule, quelque satisfaction qu'elle exige et qu'elle tire du pécheur, ne peut jamais faire que Dieu soit satisfait, ce qui se voit dans l'enfer, où.... il n'y a que la colère de Dieu qui agit : au lieu que la pénitence, par un heureux mélange de la colère et de la miséricorde divines, de la colère divine dont elle fait l'oflice, et delà miséricorde divine qu'elle attire^ est la juste et entière satisfaction que Dieu attend du pécheur *. » Yoilà, je pense, de la théologie, et de la plus subtile. Bourdaloue n'hésite pas même à prononcer devant son auditoire profane les termes techniques de l'école. Tantôt, pour établir l'efficacité des indulgences, il distingue dans le péché la poulpe et la peine, c'est-à-dire l'offense qui ne peut être réalise que par le sacrement de pénitence ou par la contri- ;iou parfaite, et le châtiment temporel dont les indulgences lous peuvent exempter -. Tantôt il distingue « les peines