‹ Bourdaloue, sa prédication et son temps [précédée d'une Notice sur Anatole FeugèreChapitre 107 sur 323 · Mystères. Pour l'ouverture du jubilé, t. XI, p · texte numérisé non relu

Mystères. Pour l'ouverture du jubilé, t. XI, p

médicinales, les peines satisfactoires et les peines méritoires 1. » Toutefois l'emploi de semblables formules est rare chez Bourdaioue. En général, il évite les curiosités ; il n'a garde d'embarrasser sa prédication morale d'un trop lourd bagage théologique. Son but est d'instruire pour réformer ; son enseignement contient l'essentiel, et néglige le superflu, qui surchargerait l'instruction au détriment de l'efficacité pratique. Mais cette réserve habituelle, on le voit, ne se doit point attribuer à une sorte de respect humain et à la crainte d'eff'aroucher les oreilles mondaines. Bourdaioue n'éprouve pas les mêmes scrupules que Massillon à se montrer théologien ; il ne s'interdit nullement d'initier ses auditeurs aux secrets de cette science dont il connaît les profondeurs et les subtilités ; quelquefois même il ne renonce pas sans peine à leur communiquer les résultats de ses longues études et de ses vastes lectures.

La théologie de Bourdaioue est empruntée tout entière aux Pères de l'Église et aux Docteurs du moyen âge. Mais on peut dire aussi que la théologie de ces Pères et de ces Docteurs, au moins en ce qui concerne la morale, se retrouve presque tout entière chez Bourdaioue. « 11 y a tel de ses discours, a dit de lui un éminent prélat de notre temps, qui est à lui seul tout un traité de théologie aussi simple que lumineux 2. » Sur chaque sujet, Bourdaioue a recherché ce qu'ont enseigné tous les maîtres, il s'est fait comme une somme de connaissances qu'il condense et résume dans un exposée la fois serré et complet. Ainsi, parlant de la fausse conscience 3, il emprunte d'abord à saint Thomas la définition de la conscience elle-même : « C'est l'application que chacun se fait à soi-même de la loi de Dieu. » Puis, commentant saint Paul à l'aide des Pères, il établit qu'on peut se former une conscience corrompue, et

1. Carême. Mercredi de la 4« semaine, sur l'Aveuglement spirituel, 3« partie, t. III, p. 293. — Y. encore l'exorde du sermon pour la Sepluagésime, sur l'Oisiveté, t, V, p. 192.

z. Mgr Dupanloup, Lettres aux hommes du monde sur les études qui leur conviennent, p. 456.

Page 1