FOI ÉCLAIRÉE ET COURAGEUSE
de la foi se glissent jusque dans les compagnies chrétiennes; son zèle toujours éveillé et prévoyant s'inquiète de ces fâcheux symptômes. C'est ainsi qu'il déplore « un abus <jui croît tous les jours et qui se répand partout, l'extrême liberté que chacun se donne de discourir comme il lui plaît sur tout ce qui a rapport à la foi * ». Il voit régner d'une part le respect humain, qui donne au libertinage le lâche ac(iuiescement du silence, de l'autre l'esprit raisonneur, qui compromet la religion par des discussions téméraires. « Comment me persuaderai-je, s'écric-t-il, que vous auriez la force de tenir contre les menaces des tyrans et contre les efforts des persécuteurs de l'Évangile,... quand une parole et une vaine raillerie suffit pour vous arrêter et pour vous déconcerter;... quand, au lieu de vous élever contre l'audace de ces libertins qui, par leurs discours impies, osent profaner en votre présence ce qu'il y a de plus vénérable et de plus divin dans la religion, vous leur prêtez l'oreille, vous les écoutez avec attention, souvent avec plaisir; vous leur applaudissez, ou du moins, par un silence lâche et timide, vous les autorisez; quand vous-mêmes vous aimez tant à raisonner sur les mystères de la foi, à former des difficultés sur certains articles, à censurer certaines dévotions 2... » Bourdaloue sait encore « (ju'il y a de ces esprits mondains et prétendus forts qui, par la plus bizarre conduite, veulent des miracles, pour croire, et ne veulent croire nul miracle ; qui, pour éviter un excès, donnent dans un autre beaucoup plus dangereux? c'est-à-dire qui, pour ne se laisser pas entraîner aux erreurs populaires par une crédulité trop facile, s'obstinent contre les faits les plus avérés par une incrédulité opiniâtre;., qui voudraient réduire tout au témoignage de leurs yeux, comme s'il n'y avait rien de croyable dans le monde que ce qu'ils ont vu ou ce qu'ils voient ^ ». Bourdaloue redoute enfm « un certain esprit de malignité qui