Instruction sur rilumilUé de la foi, t. IX, p
2. Panégyriques. Serm. pour la fête de saint Thomas, t. XII, p. 91.
3. l'aïu'gvriquos. Serm. pour la fête de Notre-Dame-des-A/iyes, 3-^ partie, l.' XllI, p. 82.
fait qu'en ce qui regarde la foi nous ne souhaitons d'être éclairés que pour contredire, que pour critiquer, que pour philosopher, que pour disputer, et peut-être avec une intention secrète de ne nous laisser pas persuader * ». C'est ce qu'il appelle encore la préoccupation de l'esprit contre la religion. Beaucoup, dit-il, « pleins d'une raison lière qui les enfle, craignent d'être préoccupés en faveur de la foi, et ils ne craignent pas d'être préoccupés contre la foi ; ils appréhendent d'avoir trop de facilité et de disposition à croire, ils n'appréliendent jamais de n'en avoir pas assez; ils se défendent de la simplicité comme d'un faible, et ils ne pensent pas à se défendre de l'orgueil, qui est encore un plus grand faible 2. » Ces dispositions indociles et rebelles inspirent à Bourdaloue autant de crainte que de tristesse. Il déplore « cette altération si pernicieuse et si contagieuse qui se fait de la foi, et qu'il voit se répandre de jour en jour dans les esprits des hommes ^ «^ et, se rencontrant avec Fénelon, il se demande si Dieu irrité ne nous retirera pas cette foi que nous laissons perdre, pour la donner à de nouvelles chrétientés. F'dii autem regni ejicienlur in tenebras exteriores *.
Pour défendre la religion contre ces périls cachés qu'il devine et dévoile, pour la prémunir contre les ennemis déclarés dont il pressent les prochains assauts, le parti que Bourdaloue conseille aux vrais fidèles n'est point une muette réserve, trop semblable à la résignation craintive ou au compromis sacrilège. Se taire, c'est faire aveu d'impuissance, et il ne veut pas que la foi soit impuissante. Aux attaques railleuses des libertins, comme aux difficultés soulevées par les raisonneurs téméraires, il faut répondre. Bourdaloue n'est point de ces directeurs timorés qui conseillent aux âmes de fuir les contestations, de pratiquer la religion dans le secret de leur cœur, s'en remettant pour tout le reste à la Providence, et so réfugiant dans la
i. Panégyriques. Serm.pour ta fêle de sai?it Thomas, t. XII, p. 74.