Voy. rintroduclion, §1, Biographie, p. IS
cialement soit à ceux de ses auditeurs qui sont encore protestants, soit à ceux qui ont depuis peu cessé de l'être^ Il ne laisse pas échapper une occasion de les instruire, de les réfuter, et, s'il se peut, de les convaincre. Toutes les fois que son sujet l'amène à toucher quelqu'un des points de doctrine qui ont été l'objet des contestations de l'hérésie, il s'y arrête, énumère dans un résumé substantie les raisons qui déterminent la foi des orthodoxes, ou les réponses qu'on peut opposer aux objections des novateurs^ et n'oublie point de dire aux protestants (jui sonl dans l'auditoire que cette insistance est à leur adresse. Ainsi les protestants, on le sait, niaient la légitimité du culte que les catholiques rendent à la Vierge. Dans plusieurs sermons prêches à l'occasion des fêtes de Marie, Bourdaloue met tous ses soins à exposer avec une rigoureuse exactitude la doctrine orthodoxe sur cette matière, et à combattre les difficultés soulevées par les réformés.
« Écoutez ceci, vous qui, réunis à TEglise, avez besoin d'être instruits à fond de sa doctrine, et achevez de vous délrompet des fausses idées que vous avez conçues du culte de la mère de Dieu. Nous n'en faisons pas une divinité, etc. ^ , . . . »
Il faut lire tous ces passages destinés aux protestants, pour se convaincre que Bourdaloue, bien loin de négliger les débats sur le dogme, avait au contraire étudié et approfondi toutes les questions en litige. Il connaît les points faibles de ses adversaires, et quand il a touché ainsi au défaut de la cuirasse, il pousse sans merci et pénètre jusqu'au cœur. Nous avons cité, en parlant de sa dialectique, celte page pressante oîi il démontre aux protestants que l'usage de la prière pour les morts, et, par une conséquence inévitable, la croyance au purgatoire datent des premiers siècles du christianisme '^. Bourdaloue avait ses
1. Mystère", 2" sorm. pour V Annonration de la Vierge, 2*= partio, t. XI, p. 83.