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CONÏKE-PARÏIK DES PROVINCIALES 209
'igomeuses exigences de l'autorité des Docteurs préleodus relâchés.
t Que je ramasse dans ce discours, dira-t-il par exemple, tout ;e qu'enseignent les théologiens, je dis les théologiens les plus nodérés et les pins éloignés de porteries choses jusqu'à l'excès lune indiscrète sévérité; je dis même, si vous voulez, les plus lommodes et les phis soupçonnés, soit avec sujet, soit sans ujet. de pencher vers le relâchement ; que je ramasse, dis-je, ont ce qu'ils enseignent et quils soutiennent être d'une obligaion étroite de conscience, et à quoi néanmoins la conscience es plus zélés contre eux et contre leur morale n'est pas dans a disposition de se soumettre ; tout commodes qu'on les préend, que je rapporte ici, sans y rien ajouter, et dans les termes
3s plus simples, leursdécisions : il y en aura peu dans cette
ssemblée que je ne confonde, et peut-être, intérieurement, que B ne révolte ^ »
Et dans son sermon su?' l'Aumônp, après avoir fait un levoir absolu à ses auditeurs de donner non seulement le uperflu, mais encore, dans certains cas, une partie de leur lécessaire, Bourdalouc ajoute avec une fine bonhomie :
c Telle est ma pensée ; et ce que je pense n'est point ce qui appelle morale sévère, puisque c'est la morale même de ceux lï'on a le plus soupçonnés et accusés de relâchement ^. >
On a dit de Bourdaloue qu'il était la meilleure réponse [ue les jésuites eussent laite aux Provinciales. Réponse ictorieuse en effet, non pas seulement parce que l'intérité du caractère et la sainteté de la conduite, qui forçaient estime des adversaires eux-mêmes, faisaient de Bourdaine le vivant témoignage de toutes les vertus qui pouvaient ncore trouver un asile dans cette Compagnie si décriée; lais aussi parce que, dans sa prédication, il n'épargnait ses ensures à aucun des désordres que les jésuites, selon
1. Premier Avent, 3« dim., sur la Fausse conscience, Impartie, , I, p. 110.
2. Carême, l" vendredi, sur l'Aumône, 2« partie, t. II, p. 128.
Pascal, avaient pour mission d'autoriser. Donnons-nous le plaisir de mettre vis-à-vis l'un de l'autre Pascal et Bourdaloue, et de les consulter tour à tour : il n'est peut-être pas un seul des reproches adressés aux jésuites par l'auteur des Provinciales ([ui ne trouve sa réponse dans quelque passage des Sermons.
On sait par quel ingénieux et perfide artifice c'est un jésuite qui, dans les ProviMcialcs, expose lui-même les doctrines de la Compagnie. Pascal, persuadé que « les choses valent toujours mieux dans leur source ' », va trouver un casuiste de la Société : il n'a pas de peine « à le mettre en train - », il feint de se laisser instruire ; il n'oppose au bon Père que les objections capables de le pousser plus loin, et celui-ci, ne soupçonnant pas sans doute que son interlocuteur est un Pascal, lui découvre avec un plaisant mélange d'empressement et de confiance naïve les habiletés corruptrices qui détruisent la morale chrétienne sous prétexte d'en faciliter la pratique. Deux doctrines, imaginées par les casuites de la Compjgnie, fournissent au ]è^mie Aes, l'rovincinles les principes commodes dont il a besoin pour autoriser tous les relâchements et toutes les capitulations de la conscience. L une est la doctrine des opinions probables. « C'est le fondement et l'ABG de toute notre morale 3,» dit le jésuite. Toute opinion probable peut êtie suivie sans aucun scrupule : une opinion est probable lorsque elle est fondée sur de; raisons de quelque considération, d'où il suit qu'un seul Docteur fort grave peut rendre une opinion probable; oi il va sans dire que tous les Docteurs de la Société soni « fort graves ». L'autre doctrine est celle de la rectitud< d'mtention : sachez diriger adioitement votre intention faire le mal, non pas pour ie mal lui-même, mais en vued( quelque résultat bon ou permis, et l'action mauvaise n'es plus défendue : « Nous corrigeons le vice du moyen par 1;