‹ Bourdaloue, sa prédication et son temps [précédée d'une Notice sur Anatole FeugèreChapitre 128 sur 323 · Huitième lettre · texte numérisé non relu

Huitième lettre

3. Dominicales, 22« dim., ap. la Pentecôte, t. VII, p. 279-280.

4. Bourdaloue dira encore : « Je doute si ce bien m'est légiti-

CONTRE-PARTIE DES PROVINCIALES ii7

Nous avons vu déjà combien est rigoureuse aux yeux de Bourdaloue l'obligation de l'aumône.

I C'est une vérité incontestable que la loi de Dieu nous oblige à soulager les pauvres par nos aumônes... Et ne pensons pas que ce devoir ne regarde que certaines nécessilés des pauvres plus pressantes et plus rares :... » il regarde » leurs besoins commii'is, tels qu'ils se prôsenlent tous les jours à nos yeux;... un chr«;lieu qui formerait, ou (|ui forme en effet cette résolnlion, de ne taire raumône que dans les flernières nécessités des pauvres, dès là commet un péché grief, et f»erd la grâce de l)ieu, parce qu'il est dans une disposition criminelle, et dans une volonté directement opposée à la loi de Dieu. .. Et si la nécessité des panvres devenait extrême, non seulement vous y emploieriez le superflu, mais le nécessaire même de votre étal K »

Le jésuite des Provinciales ne parlait pas du «. nécessaire », lui qui n'exigeait même pas qu'on donnât le « surperflu ». — « N'est-ce pas, demandait-il d'un ton satisfait, n'est-ce pas encore une doctrine bien douce pour les avares de dire, comme fait Escobar : Je sais que les riches ne pèchent point mortellement quand ils ne donnent point l'aumône de leur superflu dans les grandes nécessités des pauvres * .' »

Quand on est si doux pour les avares, comment se montrer dur pour les gourmands? Ce serait une inconséquence que le bon casuiste de Pascal semble avoir mille raisons de ne pas commettre ; car c'est a vec u ne satisfaction marquée quil cite l'opinion d'Escobar appuyé de Sanchez « sur le sujet de la bonne chère, qui passe, dit-il, pour un des plus grands plaisirs de la vie ». — « Est-il permis de boire et de manger tout son soûl sans nécessité, et pour la seule volupté ? Oui, certainement, selon Sanchez, pourvu que cela

mement acquis, et toutefois, sans nulle recherche, je le retiens et j'en dispose : c'est comme si je l'enlevais par une violence ouverte. » Sur l'Aveuglement spirituel, t. III, p. 28d.

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