Carême, i" vendredi, *«/■ l'Aumône, t. II, p
â. Neuvième lettre.
ne nuise point à la santé, parce qu'il est permis à l'appétit naturel de jouir des actions qui lui sont propres... » La gourmandise ne serait péché véniel, selon Escobar, que « si, sans aucune nécessité, on se gorg;eait du boire et du manger jusqu'à vomira » — Bourdaloue a prononcé un sermon sur la Tempérance chrétienne 2, Les premiers mots de la première partie suffisent à faire voir qu'il n'est pas de l'école prétendue d'Escobar et de Sanchez. Après saint Grégoire pape, il « remarque surtout trois désordres que la tempérance chrétienne doit retrancher, en ce qui regarde la subsistance et la nourriture du corps. »
« Premièrement, elle nous en doit ôter l'affection, c'est-àdire un certain attachement servile qui rend l'homme en quelque manière esclave de son corps; secondement, elle en doit modérer l'excès qui souvent nous en fait user hors du besoin et de la nécessité ; troisièmement, elle en doit bannir la délicatesse, si contraire à l'obligation que le christianisme nous impose de cruciiier notre chair avec ses passions et ses désirs corrompus. »
Citerons-nous encore les maximes indulgentes du je suite des Provinciales sur le luxe et sur la parure desfem mes qui peuvent sans péché « satisfaire l'inclination natu relie qu'elles ont à la vanité ^ » ? Nous trouverions san: peine à mettre en regard bien des passages sévères d( Bourdaloue contre ces femmes « qui semblent n'être sui la terre et n'avoir une âme que pour servir leur corps ;.. uniquement occupées à le parer, à le nourrir, à l'embellir à le plâtrer ;... qui en feraient, s'il leur était possible, l'i dole du monde, et en font, sans y penser, une victime di l'enfer ^. »
Mais c'est principalement sur le sacrement essentiel d^ la vie chrétienne, le sacrement de pénitence, qu'éclat l'opposition entre l'esprit de Bourdaloue et la casuistiqu