‹ Bourdaloue, sa prédication et son temps [précédée d'une Notice sur Anatole FeugèreChapitre 131 sur 323 · Dixième lettre · texte numérisé non relu

Dixième lettre

sieurs années que les premiers chrétiens s'imposaient quelquefois pour une seule faute ^

Enfin le jésuite de Pascal non seulement permet au confesseur, mais lui fait un devoir dabsoudre le pénitent, même quand il ne le voit pas dans des dispositions convenables et prévoit de prochair.es rechutes. De son côté, le pénitent n'est plus tenu de fuir les occasions du péché ; on lui fournit mille prétextes subtils qui le dispensent de ce devoir importun 2, — Bourdaloue détrompe sans ménagement ceux qui se croient quittes avec Dieu pour avoir choisi un confesseur commode « qui délie sur la terre ce que Dieu dans le ciel ne déliera jamais ^ ». Il s'élève contre « les dangereuses et criminelles facilités de quelques ministres au divin tribunal », et il n'en voit pas « de plus dangereuse et même de plus criminelle que de réconcilier et d'admettre à la participation des sacrements un pécheur obstiné à ne pas sortir de certaines occasions * ». Il consacre toute une partie d'un de ses sermons à faire voir que le premier caractère d'une pénitence véritable et sûre est (( de retrancher généreusement ce qui est la causeou la matière du péché •"» », et nous avons vu déjà les « vérités terribles » qu'il enseigne sur les rechutes, sur « ces contritions et ces pénitences encore plus capables de damner les pécheurs que le péché même 6».

Après avoir autorisé avec complaisance tant de licences et d'accommodements scandiileux, il ne restait plus au jésuite des Provinciales qu'à le dispenser « du grand commandement qui comprend la loi et les prophètes », qu'à « le décharger de l'obligation pénible d'aimer Dieu ^ ». Aussi, après avoir énuméré les opinions de plus en plus larges des casuistes de la Compagnie, il conclut avec eux «qu'on

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