‹ Bourdaloue, sa prédication et son temps [précédée d'une Notice sur Anatole FeugèreChapitre 134 sur 323 · Sur la Sévérité de la pénitence, exorde, t. I, p · texte numérisé non relu

Sur la Sévérité de la pénitence, exorde, t. I, p

2. Essai d'Octave du Saint-Saci-ement, b' jour, t. XY, p. 388.

3. Pensées. Du retour à Dieu et de la pénitence, t. XIV, p. 216.

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quelles armes il opposa à l'esprit de ténèbres, et de quel charme il usa pour adoucir la fierté de l'hérésie, et pour la rendre traitable. Ce fut un charme, sans doute, mais un charme innocent que lui fournit la sagesse in créée : Beati mites, quoniam ipsi possidehimt terram (Matth. 5). La douceur de son esprit le mit en possession de tant de cœurs*. »

Saint François de Sales et Bourdaloue appartiennent, nous l'avons vu, à deux familles d'esprits chrétiens fort différentes. N'est-il point curieux d'entendre le doux et attrayant auteur de V Introduction à la vie dévote si bien loué par un panégyriste dont le tour d'esprit ressemblait si peu au sien? C'est qu'en dépit de toutes les diversités de naturel et d'inclinations, les Bourdaloue et les François de Sales se rencontrent et se donnent la main sur ce terrain circonscrit, mais large et sûr, de la doctrine, au sein de cette morale éclairée, prudente et vraiment humaine que l'Église détermine et maintient, « de cette morale également ennemie de tout excès, soit de relâchement, soit de rigueur; de cette morale qui ne ménage et ne flatte personne, mais aussi qui ne décourage et ne rebute personne, de celte morale qui joint si bien ensemble et toute la douceur et toute la perfection de la loi évangélique ^ »

Cette fidélité scrupuleuse au véritable esprit du christianisme, dont Bourdaloue s'était pénétré, non moins que sa droite et ferme raison, le préservait de toutes les exagérations où un certain esprit de secte, fort en vogue au dix-septième siècle, entraînait plus d'un prédicateur écouté. « Chose admirable! dit Bourdaloue; on aime la sévérité... partout et en tout, hors en soi-même. On l'aime dans autrui, on l'aime dans les livres, on l'aime dans les discours publics... Un prédicateur qui la prêche et qui la porte au plus haut point de perfection, pour ne pas dire à des extrémités sans mesure et sans discrétion, est regardé comme un apôtre; on le suit avec empressement, et l'on y traîne avec soi la multitude... Reste de l'aimer dans la

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