‹ Bourdaloue, sa prédication et son temps [précédée d'une Notice sur Anatole FeugèreChapitre 157 sur 323 · BOUKDALOUE ET LA POLÉMIQUE JANSÉNISTE · texte numérisé non relu

BOUKDALOUE ET LA POLÉMIQUE JANSÉNISTE

< Il faut humilier ces gens-là, dit-on, et il est du bien de rÉglise de tlétiir leur réputation et de diminuer leur crédit. Car cela s'établit comme un principe : là-dessus on se fait une conscience, et il n'y a rien que l'on ne se croie permis par un si beau motif, i

« On invente, continue Bourdaloue. on exagère, on empoisonne les choses, on ne les rapporte qu'à demi, on fait valoir ses préjugés comme des vérités incontestables, on débite cent faussetés, on confond le général avec le particulier; ce qu'un a mal dit, on le fait dire à tous ; et ce que plusieurs ont bien dit, on ne le fait dire à personne '. >

Chacun de ces reproches s'adresse à Pascal , et tous sont mérités. Pascal prêtait aux jésuites des intentions machiavéliques et impies; il voyait dans leur histitution un vaste et ténébreux complot pour pervertir les âmes, tout au moins pour assurer le règne de la Société, en coùtàt-il la ruine de la morale chrétienne. Il « inventait, » il « empoisonnait les clioses. » Pascal tronquait les citations, altérait les textes, « ne les rapportait qu'à demi, >•> omettait une phrase, un mot, qui donnait au passage incriminé une signitication innocente et en ôtait le venin; ou bien, effaçant toutes les distinctions, « confondant le général avec le particulier, » il accusait les auteurs jésuites de donner comme des règles ce qu'ils avaient seulement mentionné comme des exceptions. Pascal rendait toute la Société responsable des opinions de quelques-uns de ses membres, et passait sous silence les sentiments de beaucoup d'autres jésuites, contraires à ces opinions. Il oubliait, par exemple, de dire que l'adversaire le plus déclaré de la doctrine des opinions probables avait été un jésuite, Gomitolo. « Ce qu'un avait mal dit, » Pascal « le faisait dire à tous » ; et « ce que plusieurs avaient bien dit, » il (( ne le faisait dire à personne. » Lorsque, plus tard, le P. Daniel composa les Entretiens de Cléandre et d'Eudoxe, cette réponse aux Provinciales, venue trop tard, mais trop oubliée et qui ne manque ni de solidité ni d'esprit, il

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