BIOGRAPHIQUE ET BIBLIOGRAPHIQUE
§ I. — Bibliographie
Nous essaierons d'expliquer, dans le cours de ce travail, pourquoi Bourdaloue, si admiré de son siècle, obtient à peine quelques regards du nôtre. Tandis que Bossuet, que Alassillon, que Fléchier même, sont tour à tour le sujet d'ouvrages considérables, on ne consacre à Bourdaloue que des études excellentes parfois, mais courtes et rares. Un article de journal ou de revue paraît épuiser l'intérêt qu'un prédicateur, jadis si fameux, peut offrir aux lecteurs d'aujourd'hui ; les honneurs d'un livre lui ont été jusqu'ici refusL'S. Pour tout dire, Bourdaloue n'a pas encore obtenu toute l'attention que son grand nom sollicite.
Une des raisons de cette indifférence ou de cette moindre faveur, c'est que la vie de Bourdaloueest uu mécompte pour la curiosité critique de notre temps. La méthode biographique est devenue parmi nous l'objet de préférences souvent légitimes, parfois exclusives. L'écrivain ne nous suffit plus; nous voulons connaître l'homme mous aimons à enfermer l'œuvre d'un auteur dans le cadre d'une vie mêlée d'affaires et remplie d'événements ; quand ce cadre
manque, la plus belle toile du monde ne fixe pas nos yei disti-ails. Or, tous ceux qui ont parlé de Bourdaloue c ont fait la remarque, il n'a pas de biographie et n'en sai rait avoir. Le plus bel éloge qu'on puisse faire de cet pieuse et uniforme existence, c'est de reconnaître qu'el ne se laisse pas raconter. Quand on a dit, avec un de cet qui ont le plus goûté Bourdaloue : (( Il pcêcha, il confess il consola, puis il mourut ', » on a tout dit. Ce saint rel gieux a si bien gardé l'humilité do son état, qu'il écliap[ même à l'iiistoire.
Toutefois, en lisant avec soin les diverses notices qui h ont été consacrées, celle (jue nous devons à la plume d'ur de ses pénitentes, madame de Pringy, et qui n'a d'auti tort que d'être intitulée trop ambitieusement Vie de Uow daloue 2 ; celle du P. Bretonneau, fjui sert de préface à ' première édition des sermons '^\ celles de Villenavc *, ci Labourderie ^, et des autres éditeurs de Bourdaloue ; en joignant les lettres écrites, au lendemain de sa mort, pi le P. Martineau et par le président de Laraoignon ^ ; e recueillant çà et là les témoignages, les anecdotes (juo noi ont transmis les contemporains, et mémo quelques rense gnements discrets, mais précieux encore et trop peu remai qués jusqu'ici, que Bourdaloue nous donne sur lui-mêii] dans plusieurs de ses discours, on arrive à réunir un ei semble d'indications qui ne sont ni dénuées d'intérêt ps elles-mêmes, ni dépourvues d'utilité pour l'intelligence d( œuvres de notre prédicateur.