‹ Bourdaloue, sa prédication et son temps [précédée d'une Notice sur Anatole FeugèreChapitre 167 sur 323 · LA DEVOTION · texte numérisé non relu

LA DEVOTION

ments, dont le fréquent usage est à ses yeux « un des plus sûrs préservatifs contre les attiédissements et les rechutes,... un frein pour retenir l'àme... quand la tentation la presse avec plus de péril,.., et, si elle a succombé, une prompte ressource pour la ramener de son égarement et pour la remettre dans l'ordre '. » Les sacrements sont les canaux de la grâce divine, les fleuves larges et abondants oîi tout chrétien doit se rafraîchir et se purifier ; mais Bourdaloue ne dédaigne pas les ruisseaux plus humbles, convaincu que les moindres sources de vie spirituelle sont précieuses pour qui sait y puiser avec un cœur pur et une foi simple. Il souhaiterait qu'une dévotion persévérante et réglée, renouant sans cesse le hen entre l'âme et le Père céleste, remplit pour ainsi dire de Dieu cette vie que nous lui devons et dont nous lui rendrons compte. C'est pourquoi il conseille l'usage des Oraisons jaculatoir'es, qui se peuvent fréquemment renouveler dans toutes les conditions, et qui, du sein même des occupations et des soucis de la terre, élèvent sans cesse le cœur vers le ciel ^. Les plus menues observances, les plus humbles exercices contribuent en (juelque manière à entretenir la charité intérieure; aussi Bourdaloue est-il prêt à recommander toutes les pratiques autorisées par l'Église, et à les défendre contre les esprits forts qui les méprisent et qui les raillent. Tout ce qui peut plaire à Dieu et faire quelque biei» à l'homme a son mérite et son prix. Bourdaloue sait bien que l'homme fragile et tiède n'a pas trop, pour s'affermir et pour s'échauffer, de tous les moyens de sanctitication offerts aux âmes par la vigilance maternelle de l'Eglise, et il estime qu'en matière de piété, il y a un superflu nécessaire.

Fort désireux de faire avancer les âmes dans le chemin de la perfection 3, Bourdaloue n'en est pas moins attentif à signaler les périls et les éeueils d'une dévotion mal en-

l Retraile spirituelle, 8« jour, Considération, t. XVI, p. 241.

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