‹ Bourdaloue, sa prédication et son temps [précédée d'une Notice sur Anatole FeugèreChapitre 168 sur 323 · Pensées. De la prière, t. XIV, p · texte numérisé non relu

Pensées. De la prière, t. XIV, p

3. Voy dans les Pensées le chapitre intitulé: Injustice du monde dans le mépris qu'il fait des pratiques de la dévotion, t. XIV, p. 270.

tendue. Pénétré delà vérité du proverbe : Corruptio optimi pessimn, il s'applique à conserver pure de tout mélange la piété chrétienne, à la dégager des altérations qui la défigurent et la compromettent; il exhorte surtout les fidèles à se défier de ces deux contrefaçons de la dévotion véritable : le pharisaïsme et le mysticisme.

Dans le sermon pour le cinquième dimanche après la Pentecôte, sur la Vraie et la fausse piété ^, Bourdaloue résume les principaux caractères de la dévotion pharisaïque et ceux que doit offrir au contraire la vraie dévotion. La piété des pharisiens est vicieuse dans son sujet, parce qu'elle affecte une régularité scrupuleuse sur les moindres observances, tandis qu'elle néglige les devoirs les plus essentiels ; vicieuse dans sa fin, parce qu'elle est intéressée ; vicieuse dans sa forme, parce qu'elle est tout extérieure. La vraie piété a les qualités opposées : elle estentière, désintéressée, intérieure.

Et d'abord Bourdaloue veut que la piété embrasse tout ce qui concerne le service de Dieu, soit grandes ou petites choses, mais surtout qu'elle « ne préfère pas le conseil au précepte ». C'est un désordre (ju'il considère comme trop commun de son temps, et un des dangers les plus subtils qui menacent notre salut. On se fait des règles de piété, on s'impose certains exercices; on les accomplit avec scrupule, et parce qu'on y apporte la plus exacte régularité, on se croit parfait. Mais on oublie les plus étroites obligations de la loi; on viole les plus exprès commandements, et ainsi la dévotion régulière à laquelle on s'est réduit n'est qu'un voile trompeur qui nous cache nos désordres effectifs, la source et le spécieux prétexte d'une sécurité pleine de périls. Bourdaloue, dans une page piquante, nous fait une peinture prise sur le vif de a ces piétés frivoles et mal entendues ».

« Ne regardons point cetto dévotion pharisienne comme un fantôme que la loi de Jésus-Christ a dissipé. Elle subsiste...

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