Carême. 1" vendredi, t. II, p. 109-HO. a. ibi:".. I). HO
TIIKOLOGIE DE L'AUMONE 3i3
suppléât (II, Cor., 8k Par celle compensation, tout sera égal. Ce riche, quoique riche, ne vivra point dans une somptuosité et une mollesse aussi i ernicietises pour hii-mème que dommageables au pauvre, ni le pauvre, quoique pauvre, ne périra point dans un triste abandon. Chacun aura ce qui lui convient : Ut fiât xqxuiiUas sicut scriptum est .- Qui mulliim, non abundavit; et qui modicum,non minoravit (Ibid.) ' ».
Voilà donc la compensation providentielle, le remède apporté par la miséricorde divine à la nécessaire inégalité des conditions et des fortunes. « Voilà le secret de cette ég;alité que Dieu, dans la loi quil a portée pour le soulagement des pauvres, a eu en vue de remettre parmi les hommes. » Quan'l le riciie aura compris (ju'il n'est (|u'un « économe », un « dispensateur », chargé de distribuer aux pauvres ce qu'il a reçu pour eux. : Fidelis dlspensalnr etprudenf!, quo.mconslituil Deus sitpcv fainlliani siiam (Luc, 12); «quand les biens, selon l'intention et l'ordre de Dieu, seront ainsi appliqu'^s, il n'y aura plus proprement ni riches ni pauvres, mais toutes les conditions deviendront à peu près semblab'cs. Le pauvre, qui n'a rien, aura néanmoins de (juoi subsister, parce que le riche le lui fournira : Tanquam nihil haôcntes, nt omtiia possidentes (II, Cor., 0 ; et le riche, qui a tout, n'aura pourtant rien au delà du pauvre, parce qu'il lui sera tributaire de tout ce qu'il se trouvera avoir de troji, et qu'en eïîet il s'en privera : Lt et r/tii liaheut, tanquam non liabenles sint (I, Cor., 7) ^. »
C'est en songeant à cette importance providentielle de raumôncdans le plan divin que Bourdaloue dit éloquemment à tous ceux qui nf la font point, ou qui la font audessous de leur couilition : « Vous otitragez, vous déshonorez, je dis plus, vous détruisez en quelque sorte, vous anéantissez la Providence de Dieu, parce qu'autant qu'il est en vous, vous la rendez imparfaite et défectueuse ; parce que vous autorisez contre elle les plaintes et les murmures des pauvres; parce que vous leur donnez un