‹ Bourdaloue, sa prédication et son temps [précédée d'une Notice sur Anatole FeugèreChapitre 211 sur 323 · PEINTURE DES MOEURS DU TEMPS · texte numérisé non relu

PEINTURE DES MOEURS DU TEMPS

Liberté de la prédicotion cbrétienoe au xtii' siècle. — Liberté de Bourdaloue dans les peintures qu'il fait des mœurs contemporaines. — Sut et caractère véritable de ces peintures. — Ce qu'il faut penser des portraits et des aUnsiims dans les sermons de Bourdaloue. — Comment on peut dégager des serirou.s de Bourdaloue une peinture générale et fidèle des ma<urs du temps. — Pourquoi Bourdaloue peint surtout les moeurs .le» grands et dus nobles. — II. Jugements généraux sur la four. — Principaux vices des nobles. — Ambition et intrigue. — Bassesse et seiTilité pour arriver à la faveur. — E»prit de bauteur et d'autorité jalouse. — Impopularité croissante des grands. — Corruption des juges. — Pernicieux effets de la vénalité des charges. — Malversations des financiers ; les publicains du christianisme. — Défaut de délicatesse et gains honteux même dans la noblesse. — III. Etat de gène de la plupart des nobles, résultat d'un luxe sans mesure. — Jeu effréné. — Tricheries. — Créanciers non payés. — Oisiveté des nobles. — La vie de cour. — Le sermon sur les Divertisseuicnts du monde.

— Bal. — Romans. — Promenades. — Toilette des femmes. — IV'. Galanterie.

— Amitiés serisibles et préten 'ws innocenter. — Liaisons coupables. — Mauvais exemples contagieux. — Immoralité croissante. — V. Vaffaire des Poisons et le sernon sur l'Impureté. — Hardiesse sans exemple de Bourdaloue.

— Empoisonnement'!. — Superstitions sacrilèges. — Vices monstrueux. — Livres obscènes. — Goût des sociétés suspectes ; le sermon sur la Société des justes avec tes pécheurs. — Le théâtre. — Terrible conclusion du sermon sur l'Impureté, — Les excès de table, l'ivrognerie des femmes, et le sermon sur la Tempérance chrétienne. — VI. Pourquoi la religion était impuissante à contenir ces désordres. — Christianisme sincère, mais inronséquent. — Irrévérences et scandales dans les églises. — L'hypoerisie. — Bourdalou? et le Tartuffe. — VII. Le clergé. — Abus qui le corrompaient dans l'ancienne société. — Prêtres sans vocation. — Préîres ambitieux. — La naissance, l'intrigue et la faveur font parvenir aux dignités ecclésiastiques. — Cupidité et simonies. — Mœurs déréglées ou toutes mondaines. — Les communantés religieuses : grande supériorité du clergé régulier. — VIII. Bourdaloue s'adressant i Louis .VIV. — Conseils mêlés i l'éloge jusque dans les compliments officiels, — Indépendance apostolique et courageuse Je Bourdaloue. Il combat

^ài LA PEINTURE MURALE

saas cesse les désordres de la vie du roi. — Encore le sermon sur l'Impureté. — Comment la conversion du roi ne répara pas le mal cause par ses désordres. — IX. Beaux côtés du xYii= siècle reconnus par Bourdaloue. — Pureté de mœurs conservée dans « les médiocres états de vio ». — Beaux exemples à la cour et dans la noblesse. — Courage. — Sentimeut de l'honneur. — Fidélité au roi. — Orandes vertus dans le clergé. — « Racines de [oi » se conservant au milieu du dérèglement. — Kepentirs et conversions. — La nature même de la prédication •de Bourdaloue fait honneur à son siècle. — X. Résumé et conclusion île la troisième partie. — Comment les peintures morales des sermons de Bourdaloue répondaient à l'esprit de son temps. — L'étude de l'homme, caractère dominant do la littérature du xvii" siècle, et pourquoi. — Caractères différents de notre époque. — Le sermon remplacé par la conférence. — Intérêt et utilité que peut encore nous offrir la lecture de Bourdaloue. — Conclusion de toute cette étude .

Pour s'expliquer l'importance et l'originalité de la peinture des mœurs contemporaines dans laprédication deBourdaloue, il faut se rappeler quel rôle et quelle puissance avaient appartenu dans la société chrétienne, et surtout dans notre pays, à l'éloquence de la chaire. Au moyen âge, avant l'invention ou la diffusion de l'imprimerie, la prédication était à peu près Tunique organe de publicité. Elle ne partageait guère ce privilège qu'avec le théâtre, qui se développa longtemps à l'ombre du sanctuaire, et dont les représentations, toujours religieuses parle sujet, n'étaient, à le bien prendre, qu'une autre sorte de prédication sensible et populaire. Plus tard, quand on eut les livres, mais non pas encore les journaux, la prélication chrétienne garda son ancien caractère d'actualité militante. De cette « formidable tribune que l'Église de France, dit M. Villemain, avait pour ainsi dire substituée à la puissante tribune de l'antiquité », l'orateur pouvait aborder tous les sujets, s'occuper des affaires du temps, agiter toutes les questions, souvent même les soulever. C'est du haut de la chaire que les fanatiques de la Ligue exaltèrent la populace de Paris, et, à l'époque de la Fronde, les partis poliques allaient, une fois encore, saisir cet instrument redoutable de la prédication, si l'autorité ecclésiastique ne s'y

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