Vov. Gui Patin, lettre du 12 avril 16o
2. Sainte-Beuve, Port-Rot/al, t. II, p. 93, 178, 179, 3i9. 501 ; t. III, p. 135. — Voy. encore Crétineau-Joly, Histoire des Jésuites, t. IV, p. 26, etc.. '
verait plus de trace que dans les anecdotes traditionnell des séminaires ou dans les habitudes attardées de quelqu vieux curés de nos campagnes. De là cette familiarité d prédicateurs chrétiens au dix-septième siècle^ familiar si justement relevée dans Bossuet, mais qui n'est poi particulière à lui seul, qu'on retrouve chez presque tous I orateurs sacrés de ce temps, chez le P. Lejeune, chez P. de Lingendes, et, nous l'avons vu, chez Bourdaloue li même.
De récents et curieux travaux * nous ont appris à qu( excès, aggravés par le mauvais goût, se porta souve cette liberté de la parole chrétienne. Des personnalil grossières, de vulgaires injures n'étaient pas rares. S ce point comme sur tous les autres, la prédication av l'ait, dans la première partie du dix-septième siècle, c progrès lents , mais continus et efficaces. Les prêti animés de l'esprit de saint François de Sales, ou formés la saine et grave école de l'Oratoire, beaucoup de jésuit même, rompant avec les traditions du P. Nouet ou ( P. Maimbourg, enhn toute une lignée de prédicateurs s rieux et vraiment évangéliques, depuis le P. Bourgoi jusqu'à l'incomparable Bossuet, avaient tempéré, sans détruire, la liberté de la chaire. Bourdaloue en hérita, garda de la laisser perdre et, la tournant, comme il fais; de toutes les ressources que lui offrait l'éloquence sacn à la réformation des mœurs, il en usa sans témérité comr sans Causse prudence, pour peindre ses contemporains leurs propres yeux. C'est dans cette peinture, objet de 1 tude qui nous reste à faire, que nous admirerons surto cette indépendance apostolique de Bourdaloue, courageuj intrépide quand il s'agit de la vérité et du salut des àm( hardie parfois c( à faire trembler », mais toujours respc tueuse des bienséances et discrète dans son audace.
Car il ne faut pas se méprendre sur le caractère et si
i. Voy. notamment l'ouvrage de M. Jacquinot, des Prédicatei du xvii" siècle arant Bossuet, et celui de M. Ch. Labittc, les P dlcaleurs de la Ligue.