‹ Bourdaloue, sa prédication et son temps [précédée d'une Notice sur Anatole FeugèreChapitre 23 sur 323 · Picface du P. Bretonneau · texte numérisé non relu

Picface du P. Bretonneau

A Ilouefl, les sermons de Boiirdalaue atlirèrent une foule immense. « Tous les arlisms (luillaienl leur boutique pour lai L'r entendre, les marchands leur négoce, les avorais le Palais, les raMecins leurs malades. » El le P. d'Harrouis, (jui rendait à Hourdaloue ce lémoi^mage désintéressé, ajoutait avec bonhomie : « Pour moi, lorsque j'y prêchai, l'année d'après, je remis toutes choses dans l'ordre; personne n'abandonna plus son emploi *. »

Bourdaloue séjourna enco:e dans d'autres villes, dans celle d'Amiens notamment, et à B )urges, sa ville natale. Partout SOI) succès fut égal. On pouvait sans crainte l'appeler à Paris. Il y prêcha pour la première fois l'A vent de ICtW, dans l'église de la Maison professe des jésuites, rue Saint-Antoine.

« 11 y a ici un certain jésuite, natif de Bourges en Berri, fils du doyen des conseillers de ce présidial, nommé Bourdiloue, qui prêche aux jésuites de la rae Saint-Antoine, avec tant d'éloquence et une si grande aflluence de peuple, que leur église est plus que pleine. Son père était parti de Bourges, pour le venir entendre jifècher à Paris, mais il est mort en chemin. Ces bons Pères de la Société le prêchent à Paris comme un ange descendu du ciel. »

Ainsi s'exprimait dans une lettre du 14 janvier 1670, et non sans trahir sa m:îuvaise humeur, un ennemi acharné des jésuit''s, le bourgeois Gui-Patin. On voit que, dès les premiers jours, le retentissement de la prédication de Bourdaloue à Paris fut immense. La chapelle de la rue Saint-Antoine vil accourir et se presser dans son enceinte trop étroite l'élite de la ville, et beaucoup de personnes de la cour. Madame Sévigné, qui habitait au Marais, profita du voisinage, et vit naître la gloire de ce « grand Pan »,

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