‹ Bourdaloue, sa prédication et son temps [précédée d'une Notice sur Anatole FeugèreChapitre 231 sur 323 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

il produire, sinon « d'exciter les murmures et les mépris*» (( de révolter les cœurs et de renverser toute la subordination 2 » ?

« Tandis qu'au dehors on honore les grands, quelle estim( en fait-on dans le cœur, et quelles idées en conçoit-on? S'ils ei étaient instruits, il faudrait qu'ils fussent bien insensibles poui n'en être pas pénétrés jusque dans le fond de l'âme ^. »

Nul au dix-septième siècle n'a su, mieux que Bourda loue, pénétrer ces dispositions secrètes à secouer le jou^ dont nous trouvons les symptômes dans les chansons di temps, chaque jour plus hardies et plus insolentes. Avan Fénelon * et aussi fortement, quoique avec plus démesure Bourdaloue dénonce ce discrédit croissant qui, s'altachan d'abord aux dépositaires de l'autorité, atteint bientôt l'au torité elle-même. 11 signale, du haut de la chaire, l'exis tenccdece mal d'autant plus dangereux qu'on l'ignore ^ il en cherche librement les causes, sans se demander s les abus dont on se plaint ne sont pas des vices essentiel; au régime d'alors, et si les reproches qu'il adresse aui hommes ne frappent point les institutions. Ainsi, il s'élève sans cesse contre le préjugé qui faisait de la naissance ur titre suffisant pour occuper les plus hautes et les plu; difficiles fonctions.

« C'est assez, selon le langage ordinaire, qu'un tel soit fili d'un tel, pour que le fils ait l'assurance de vouloir être tout C( qu'a été le père. Avec cela, quelle que soit son indignité etsor incapacité personnelle , il n'y aura rien qu'il n'entreprenne : i jugera, il commandera, il gouvernera, il décidera du sort et d« la vie des hommes ; il sera, comme dit l'Évangile, sur Je chan

1. Carême. Mercredi de la 2« semaine, sur r Ambition, 2« partie t. II, p. 382.

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