‹ Bourdaloue, sa prédication et son temps [précédée d'une Notice sur Anatole FeugèreChapitre 237 sur 323 · LUS PLBLICAINS DU CHRISTIANISME · texte numérisé non relu

LUS PLBLICAINS DU CHRISTIANISME

lapersonDe deFouquet, la dilapidation desdeniers publics, scandaleuse sous le ministère de Mazarin. Tant que Colbert vécut, sa ferme vigilance empêcha le retour de beaucoup d'abus; mais après lui les désordres reparurent et les emplois de finances continuèrent à passer pour presque incompatibles avec la probité. Dmsson sermon sur les Devoirs fies pères par rapport à la voeation de leurs enfants, Bourdaloue, voulant mon tr^^r qu'ilyades états mauvais en eux-mêmes et dangereux pour le salut, citait comme exemple les publicainsdonl parle l'Évangile. « 11 laut bien dire que cet emploi, qui consistait à lever certains deniers publics, s'exerçait alors communément contre la conscience, » et le prédicateur ajoutait :

( Si donc il y avait de semulabicsprofessionsdans le monde,.. ce que je n'examine point et ce que j'anrais peine à penser; si, dis-je, il y avait de ces étals, où, .«^elon l'eslime commune, il fût moralement impossible de se conserver el délre chrétien, un père qui craint Dieu pourrait -il permetlre qu'un (ils s'y jetât en aveugle et qu'il y demeurât ' ? »

Malgré les précautions de langage que prend ici Bourdaloue, on voit sans peine <|u'il ne croyait pas la race des publicains tout à fait éteinte, et afin que nul ne s'y trompe, il termine par ces mots :

f C'est à vous, chrétiens, à f .ire l'application de cette morale, et à voir dans l'usage du siècle présent quelles conséquences vojis en devez tirer -. »

Dans un autre sermon, il s'expliiiue plus ouvertement:

c Cn homme parfaitement irréprochable dans le maniement des deniers publics, et qui sort les mains pleinement nettes de

1. Dominicales. Pour le preniior dim. après TÉpiphanie. 2« partie, t. V, p. 23-26.

Page 1