‹ Bourdaloue, sa prédication et son temps [précédée d'une Notice sur Anatole FeugèreChapitre 238 sur 323 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

certains emplois, est presque maintenant pour nous un prodige ^ »

Plus d'une foison rechercha les malversations, on punit les coupables, on les força de rendre l'argent dont ils avaient frustré l'État 2. Bourdaloue ne craignait pas de faire allusion à ces terribles retours pour dissuader ses auditeurs de « s'ingérer ))dans certains emplois très lucratifs, mais très hasardeux.

« Toutes les règles de la conscience vous apprenaient qu'il n'est rien de plus coniraire au salut qu'un emploi où il est aisé de s'enrichir; mais toutes les règles de li conscience n'avaient pas assez de force pour vous le faire fuir dans celte vue. (ju'a fait Dieu? Il a permis que les considérations humaines vinssent au secours de votre devoir, et que l'intérêt même temporel vous obligeât à ne plus tant désirer ce qui se trouvait sujet à tant de recherches et à de si tristes décadences. Je ne sais si vous profiterez de cette leçon ; mais malheur à ceux pour qui ce dernier remède de la miséricorde et de la sagesse divines n'aura d'autre effet que d'exciter leurs murmures et de les jeter dans le désespoir! Vous m'entendez, et il n'est pas nécessaire que je m'explique davantage ^. »

Malheureusement « cette leçon » n'était pas assez générale ni assez fréquemment renouvelée pour qu'on en profitât. Beaucoup, c'étaient les plus habiles, mais non les moins coupables, jouissaient sans trouble de leurs bénéfices malhonnêtes. Le surintendant Maisons, à la nouvelle qu'on lui enlevait les finances, pouvait dire avec un tranquille cynisme : « Ils ont tort, car j'ai fait mes affaires et j'allais faire les leurs *.» Ces exemples heureux prévalaient contre les exemples contraires et sollicitaient les convoitises.

1. Carême. Jeudi de la 3* semaine, sur la Religion et la probité, 1" partie, t. III, p. 170.

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