‹ Bourdaloue, sa prédication et son temps [précédée d'une Notice sur Anatole FeugèreChapitre 240 sur 323 · Ibid., 1" partie, t. III, p · texte numérisé non relu

Ibid., 1" partie, t. III, p

il y a plus de péril, celle où il est plus à craindre de se damner, celle où un homme, s'il veut oublier les lois de l.i religion et les tioler, le peut plus sûrement et plus avantageusement. Car voilà ridée véritable de ce genre d'emplois, et voilà ce qui les distingue : le pouvoir de faire plus ou moins du mal ^. »

Les gens titrés, les hoinnnes de cour n'étiieat pas les derniers à rechercher ces bénéfices suspects que Bourdaloue vient d'énumérer.

< Dans les conditions les plus honorables, nous dil-il encore, il y a une foule de pratiques cl de menées, d'artifices et de détours, à qui je n'oserais, par respect pour cet auditoire, donner le nom qui leur convient, mais que la A'oix, ou, si vous voulez, que l'indignation publique traite tous les Jours de friponneries ^. »

Sans même s'arrêter à ces spéculations formellement malhonnêtes et frauduleuses, on voit avec surprise des grands et des princes s'enrichir ouvertement par des moyens qui répugnent à la plus vulgaire délicatesse. Rien de plus étrange, par exemple, que ces avis dont Bourdaloue parlait tout à l'heure, sorte de dénonciations par lesquelles un grand seigneur, signalant au gouvernement une amende ou une ancienne créance qui n'avait pns été acquittée, obtenait de poursuivre le débiteur et de garder la somme s'il parvenait à la recouvrer. Le comte de Grammont tira ainsi de quarante à cinquante mille livres d'un concussionnaire condamné par contumace, sur lequel il réussit à mettre la main. Le propre frère du roi poursuivit de même des trésoriers de la guerre et leur arracha un million 3. Quand un malheureux mettait fin à ses jours, et que, selon l'usage, ses biens étaient confisqués, les solliciteurs ne manquaient pas pour demander au roi ces tristes

1. Dominicales. 22<" dim. après Pentecôte, siir la EealHulion , 1" partie, t VII, p. 284.

2. Carême. Jeudi tio la 3° semaine, sur la Religion et la probité. Impartie, t. III, p. d7l.

3. Lemontey, Essai sur l'établissement monarchique de Louis XIV, p. 157.

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