Madame de Sévigné, lettres à madame de Gngnan, passim
4. Second Avent. 4» dimanche, sur la Pénitence, i" partie, t. 1, p. 343.
404 LA PEINTURK MORALE
les Mémoires du comte de Grammont, « fripon au jeu à visage découvert % » tous les autres témoignages confirment l'accusation. Un homme d'une grande naissmce, le comte de Clermont-Lodève, marquis de Cessac, maître de la garde-robe du roi, étaitchassé honteusement, convaincu d'avoir volé au jeu, et, ce qui paraîtra plus étrange encore, c'est qu'après un court exil il reparaissait à la cour 2. L'art de piper, cultivé avec succès par Mazarin ^, était devenu si commun, qu'un gain considérable était toujours suspect. « I! eut le bonheurde n'être jamais soupçonné*, » dit Saint-Simon en pariant des gros bénéfices de Dangeau, comme si n'être point soupçonné passait pour une rare bmne fortune.
« ...De là, continue Bourdalone, les emportements et les dùsespoirs dans l.i perte;... do là, les colères et les transports, les blasphèmes et les imprécalions ^... »
Il est vrai que ces éclats sont malséants, et qu'on se pique d'être beau joueur; Bourdaloue le sait.
« Je n'ignore pas ce que la politesse du siècle vous a là-dessus appris, que, sous un froid affecté et sous un air de dégagement et de liberté prétendue, elle vous enseigne à caclier tous ces sentiments et à les déguiser; qu'en cela consiste un des premiers mérites du jeu, et que c'est ce qui en fait la plus belle réputation *^. ï
Mais beaucoup n'avaient point cet empire sur euxmêmes. M. d'Hcudicourt, «toujours piqué et furieux,... qui faisait de brusques reculades de son tabouret à renverser ce qui l'importunait derrière et leur casser les jambes ^, »