‹ Bourdaloue, sa prédication et son temps [précédée d'une Notice sur Anatole FeugèreChapitre 267 sur 323 · Id., ibid., p · texte numérisé non relu

Id., ibid., p

à se mêler de lassitude et de dégoût *, dans la chapelle de Saint-Germain, en présence du roi, de toute lacour, Bourdaloue prononça son terrible sermon sur V Impureté, et, avec une incroyable hardiesse, montra, dans tous les forfaits que la chambre de l'Arsenal avait mission de juger, les conséquences du débordement des mœurs et les suggestions de l'esprit impur.

Il y a dans la littérature du dix-septième siècle deux œuvres bien différentes, mais qui éclairent d'une lumière également sinistre les mœurs de cette époque : l'une est le Don Juan de Molière ; l'autre, le sermon sur V Impureté de Bourdaloue. Arrêtons nous quelques instants sur ce discours accusateur. Jamais Bourdaloue n'a déployé plus librement son énergique et austère éloquence.

Voulant faire voir dans la première partieque l'impureté est un enfer anticipé, et, par exemple, que le désordre (jui règne dans l'enfer ne règne pas moins dansl'àme des impudiques, il emprunte à Tertullien cette pensée, « que l'esprit impur a comme une liaison nécessaire avec tous les vices, et que tous les vices sont, pour ainsi dire, à ses gages et à sa solde, toujours prêts à le servir pour le succès de ses détestables entreprises. »

( C'est pour lui, par exemple, que l'homicide répand le sang humain, pour lui que la perfidie prépare des poisons... Notre siècle, ce siècle si malheureux, a bien de quoi nous en convaincre ; et Dieu n'a permis qu'il engendrât des monstres que pour nous forcer à en convenir. Nous les avons vus avec effroi, et tant d'événements tragiques nous ont appris, plus que nous ne voulions, ce qu'un commerce criminel peut produire d.ins les familles les plus honorables. L'empoisonnement était parmi nous un crime inouï ; l'enfer, pour l'intérêt de celte passion, Ta rendu commun. On sail, disait le poète, ce que peut une femme irritée ; mais on ne savait pas jusqu'à quel excès pouvait aller sa colère, et c'est ce que Dieu a voulu que nous connussions. En effet, ne vous fiez point à une libertine dominée

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