‹ Bourdaloue, sa prédication et son temps [précédée d'une Notice sur Anatole FeugèreChapitre 269 sur 323 · Carême. Dim. de la 3« semaine, 1« partie, p · texte numérisé non relu

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pensait. Il suffit de lire les Mémoires et les Correspondances du temps pour s'en convaincre : au dix-septième siècle, non seulement la foule ignorante, mais les esprits éclairés ont cru que les artistes en poison étaient en grand nombre, et qu'ils se soutenaient par une clientèle de haut parage.

Car, dans V Affaire des Poisons, il ne s'agissait pas seulement d'accusés obscurs, de vulgaires scélérats. La comtesse de Soissons, qui jugea prudent de quitter aussitôt la France, peut-être avec la tolérance du roi, madame de Yivonne, madame de Polignac, madame de Montespan elle-même, le duc de Glermont-Lodève, le maréchal de Luxembourg, les plus grands noms de France, furent compromis et chargés par des dépositions plus ou moins graves. Admettons que ces dépositions fussent des calomnies; car ce fut encore un caractère de cet étrange procès, que la justice se trouva comme perdue dans un dédale d'impostures et de faux témoignages; Bourdaloue, qui dit tout, n'a pas manqué d'en faire la remarque. « C'est l'impureté qui rend la calomnie ingénieuse à former des accusations et à suborner des témoins; la mémoire n'en est que trop récente *. » Mais en faisant la part du mensonge aussi grande qu'on le voudra, il n'en reste pas moins incontestable que, de tous les personnage illustres enveloppés dans le mystère de cette cause ténébreuse, il n'en était aucun qui n'eût en quelque manière autorisé les soupçons parle dérèglement de ses mœurs. Si, en effet, les allusions aux empoisonnements se trouvent précisément dans le sermon sur l'Impureté, ce n'est point une disposition arbitraire, un artifice de l'orateur pour augmenter l'effet de son discours : c'est une vérité de plus. Les magistrats eux-raâmes l'attestaient; en remontant à la source de toutes les atrocités que découvraient leurs enquêtes, ils trouvaient toujours au début un commerce criminel, un adultère, une passion entravée, une rivahté gênante. C'est sous le nom de charmes, de philtres amoureux, de

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