‹ Bourdaloue, sa prédication et son temps [précédée d'une Notice sur Anatole FeugèreChapitre 286 sur 323 · BOURDALOUE ET LE TARTUFFE DE MOLIÈRE · texte numérisé non relu

BOURDALOUE ET LE TARTUFFE DE MOLIÈRE

ne dit pas autre chose. Au nom du christianisme, il s'élrve contre ces facilités que trouve l'hypocrite pour tout oser et tout entreprendre impunément.

t Quelque dessein que la passion lui snggère, sa piété, ou plutôt Teslime où cette passion fastueuse l'établit, !e met on état de réussir. Veut-il pousser une vengeance, rien ne lui résiste; veul-il supplanter un adversaire, il est loul-puissani ; veut-il tlétrir la réputation du prochain et la décrier, son seul témoignage ferait le procès à l'innocence même '... i

c Vous savez, chrétiens, ce qui se pra:ique, ot Texpérienco du monde vous l'aura fait connaître bien mieux qu'à moi. Qu'un homme artificieux ait une mauvaise cause, et qu'il se serve avec adresse du voile de la dévotion, dès là il trouve des solliciteurs zélés, des juges favorables, des patrons puissants, qui, sans au'.re discussion, portent ses intérêts quoique injustes, et qui, sans considérer le tort qu'en souffriraient de malheureuses parties, croient glorifier Dieu en lui donnant leur protection et en l'appuyant. Que sous ce déguisement de piété un homme ambitieux et vain prétende à un rang dont il est indigne et qui ne lui est pas dû, dés là il ne manque point d'amis qui négocient, t;ui intriguent, qui briguent en sa faveur, et qui ne craignent ni d'exclure pour lui le plus sofide mérite, ni de se charger devant Dion desconsé([uences de son pou d'habileté ; pourquoi ? p.irce qu'ils sont pour ainsi dire fascinés par lo charme <!e son hypocrisie. Enfin, qu'un liomme violent ei passionné, mais en même temps hypocrite, exeice des vexation :-^-, suscite des querelles, trouble p..r ses entreprises le repos do ceux qu'il lui plaît d'inquiéter, et qu'en tout cela il fasse lo personnage de dévot, dés là il est sûr d'avoir des âmes dévouées qui loueionl son procédé, qui blâmeront ceux qu'il opprim»', et qui, ne jugeant des choses que par cette première vue d'une probité fausse et apparente, jusiifieront les passions les plus visibles, et co:idam:ieroit la vertu nié:ïi3. Car c'est ainsi que l'hypocrisie, imposant à la simpiicilé, lui fait commelire sans scrupule les plus gro'.oières injustices ; et je serais infini si j'en voulais produire tojt;s les espèces -. »

i. Dominicales, o' dim. ap. la Pentecôte, sur la Vraie et la fausse piêlé, 2« partie, t. VI, p. 16i,

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