‹ Bourdaloue, sa prédication et son temps [précédée d'une Notice sur Anatole FeugèreChapitre 288 sur 323 · LA NAISSANCE ET LA FAVEUR DANS LE CLERGÉ · texte numérisé non relu

LA NAISSANCE ET LA FAVEUR DANS LE CLERGÉ

et on rimraole lors même que Dieu le défend, et qu'il ne cesse point dédire: iVon extendas manum super puerum (Gènes. 22) ^ »

A-t-on jamais protesté en termes plus forts et avec une indignation plus éloquente contre ce mépris de la vocation, contre cesabus odieux de l'autorité paternelle, où les droits de la nature ne sont pas moins foulés aux pieds que les droits de Dieu, mais dont la plupart des pères ne semblaient pas soupçonner alors la double impiété ? Entreprendrons-nous de citer des exemples de tous ces calculs, de toutes ces combinaisons intéressées dont vient de nous parler Bourdaloue ? Comment se borner et comment ahoisir dans la multitude des faits? Essaierons-nous seulement décompter tous les ministres donnés à l'Église par la seule famille des ducs de La Rochefoucauld, « accoutumés depuis longtemps à ne vouloir chez eux qu'un successeur pour recueillir tous les biens et toute la fortune du père, à ne marier ni filles ni cadets, qu'ils comptaient pour rien, et à les jeter à Malte et dans l'Église ^ ? » Cet aîné disgracié qu'on dévoue à l'autel en y faisant servir « l'artifice et la violence, les caresses et les menaces », n'est-ce point, entre autres, le comte de Dunois, l'ainédes fds de madame de Longueville, « contraint à une vie ecclésiastique qu'il n'embrassait que par incapacité de figurer à la guerre ou à la cour ? » Sa mère « se faisait pourtant scrupule de le violenter... La famille, au contraire, le prince de Conde notamment, pesait de tou:e son autorité pour annuler le pauvre aîné, et pour lui interdire, par intimidation^ l'entrée de ce monde où il leur aurait fait peu d'honneur' ». Si madame de Sévigné assistait au sermon de Bourdaloue le jour où il montra « cette victime que l'on conduit au temple, les pieds et les mains liés », elle dut se souvenir avec tristesse de sa petite fdle, sa chère Marie-Blanche,

1. Dominicales. 1" dim. ap. lÉpiphanio, sur le Devoir des pères par rapport d la vocation de leurs enfants, 1« partie. -- ^areine. Mercredi de la 2« semaiuo, sur l'Ambition, l" parUe. 1. V, p. ly-iz, et t. II, p. 373.

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