‹ Bourdaloue, sa prédication et son temps [précédée d'une Notice sur Anatole FeugèreChapitre 296 sur 323 · Madame do Sévigné. Lettre du 6 octobre · texte numérisé non relu

Madame do Sévigné. Lettre du 6 octobre

le trouvâmes nullement canonique i. » M. de Reiras résista à cette plaisante invitation de madame de Coulanges. Il partit; mais il entendait bien ne pas se confiner à Reims pour toujours. On le revit souvent à Saint-Germain et à Versailles. « 11 était fort de la cour et du plus grand monde, et gros joueur 2, » dit Saint-Simon. Celui-là savait tout concilier, la résidence et la cour, le jeu et l'administration de son diocèse.

Le jour où l'évêque de Langres, M. de Gordes, retourna dans le sien, on ne fut pas moins édifié que surpris. On l'avait vu jusque-là (c jouer à toutes sortes de jeux et le plus gros jeu du monde ». M. de Vendôme, M. le Grand le regrettaient fort; car, plus habiles que lui au billard, ils lui avaient gagné de grosses sommes. Au bout de quelque temps, M. de Langres revient. Les joueurs de billard s'empressent, et lui proposent de rejouer. 11 se fait prier. Comment pourra-t-il soutenir la lutte, lui (jui vient de passer plusieurs mois à Langres, contre des joueurs qui s'exercent tous les jours? On insiste; il cède. Il bat tous ses adversaires, et regagne plus qu'il n'avait perdu. C'est qu'il avait passé tout le temps de sa résidence « à étudier en secret, dans son palais épiscopal, les adresses du billard », et à préparer sa revanche. Voilà quelles étaient les occupations d'un prélat qui « n'avait rien de mauvais, même pour les mœurs, mais qui n'était pas fait pour être évéque ^ ».

Tels sont quelques-uns de ceux que Bourdaloue appelle (( des prêtres tout mondains », toujours occupés « de soins temporels ».

« Mondains dans leurs habitudes et leurs sociétés, voulant être de toutes les assemblées, de tous les jeux, de fous les plaisirs, de tous les spectacles; mondains dans leurs manières et leurs discours, affectant de se distinguer par des airs dissipés, par des paroles indécentes, par des excès de joie et des-

Page 1