‹ Bourdaloue, sa prédication et son temps [précédée d'une Notice sur Anatole FeugèreChapitre 304 sur 323 · DÉSORDRES DU ROI COMBATTUS · texte numérisé non relu

DÉSORDRES DU ROI COMBATTUS

ment responsables à la justice divine de mille dettes contractées dans le passé, et dont il faut s'acquitter; mais encore liés par de longues habitudes qui les rendent plus sujets à de fréquentes rechutes dans l'avenir, dont il faut se préserver * ». Tantôt il montrait la puissance de la grâce sur les plus endurcis et prenait pour exemple la Samaritaine.

t Elle vivait dans un concubinage public, dans un concubinage auquel elle s'était abandonnée, et dont elle avait contracté même une longue habitude... Or, s'il y a une maladie difticile à guérir," c'est celle-là; s'il y a un démon capable de résister à iJieu et à sa grâce, il est évident que c'est cet esprit impur. Mais en cela même la grâce de Jésus-Christ trouve la matière de son triomphe... Je sais que pour vous dégager de l'esclavage où le péché vous lient asservis, que pour vous interdire ce commerce, que pour renoncer à cet attachement, que pour étouffer cette inclination, que pour vaincre le monde, il y a des efforts à faire, et de grands efforts; quil y a des combats à livrer, et de rudes combats; mais prenez confiance, puisque Dieu vous répond de sa grâce, dès que vous la demanderez de boune foi *. i

Un autre jour, il se plaignait avec un mélange d'apostolique tristesse et de sainte indignation que la parole de Dieu retentit en vain.

c Seigneur, c'est votre parole que nous avons prêchée; nous avons paru dans le monde comme vos ambassadeurs; on nous a reçus, et reçus même avec honneur; mais s'est-il trouvé quelqu'un qui nous ait donné créance? Après nous être épuisés pour représenter de votre part les vérités éternelles, quel en a été le succès? Nous avons pu quelquefois remuer les consciences, exciter dans les cœurs la crainte de vos jugements; mais, du reste, quel changement avons-nous vu dans les mœurs?

1. Carême. Dimanche de la 1" semaine, sur les Tentations, 2« pare. t. II, p. 171.

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