Languet de Gergy, Mémoires sur madame de Maintenon
2. V. dans la Coj-re.^pondance générale de niadaunG de Maintenon,
Bubliée par M. Lavallée, les notes des dames de Saint-Cyr au sujet e la lettre de Bourdaloue du 30 octobre 1688.
heures de suite. Lui qui ne consentait pas à dirig( l'épouse secrète du grand roi, il prodiguait avec condei cendaucc) aux humbles qui avaient besoin de son mini: tère toutes les lumières de la prudence et toutes les consol; tions de la charité.
Cependant les pénitents et les pénitentes illustres ne h manquaient pas. Il semble même ([uc Bourdalouc eu comme directeur, une place à part dans la haute société d dix-septième siècle. On sait que, par l'effet d'une partialil malheureuse, avoir un confesseur jésuite devint dans 1 dernière partie du règne comme une condition nécessaii pour conserver la faveur royale. Quiconque ne se confessa pas à un Père de la Société devenait suspectde jansénism et risquait de se perdre^. Mais, par un autre préjugé, et pa une réaction bien naturelle, beaucoup d'âmes nburrissaier contre les jésuites d'invincibles déllances. On lessoupçoi nait de facilités excessives pour les pécheurs, de compla sances calculées. Deux jésuites avaient été tour à tour coi fesseurs du roi pendant la longue période de ses désoi dres. On ne savait pas qu'ils avaient plus d'une fois ri fusé d'absoudre le prince adultère; on ignorait l'histoii de leurs efforts et de leurs résistances, et l'on voyait sei leraent ce qu'ils n'avaient pu empêcher. Des jésuites di rigeaient encore le frère du roi et les autres princes, don plusieurs continuaient à donner le scandale des mœurs le plus dissolues. A tort sans doute, on se faisait un gri( contre les confesseurs des fautes trop publiques de leui pénitents. Ainsi la laveur croissante où l'on voyait la Se ciété de Jésus, loin de faire oublier les violentes et injus tes accusations lancées par Pascal, leur donnait quelqu vraisemblance, et ceux qui voulaient rester chrétiens san cesser d'être courtisans se croyaientsouvent réduits à cell terrible alternative de perdre leur crédit à la cour ou â compromettre le salut de leur âme. Le seul nom de Boni daloue conciliait ces exigences opposées. Bourdaloue éta
i. V. madame de Sévigné, lettre du 17 janvier 1680. — Sain Simon, passim.
jésuite et sévère : on s'adressait à lui de p''éfércnco, sûr de ue déplaire ainsi ni à Dieu ni au roi.
Où trouver d'ailleurs plus de pureté dans la doctrine et dans la vie, plus de pénétration et de prudence en matière de spiritualité comme en matière de morale ? Aussi avaiton recours à ses lumières dans les doutes, dans les situations délicates, ou «piand la conscience éprouvait le besoin tardif de réglerdescomptesdepuis longtemps en souffrance. Lorsqu'iui Pomenars, un vieux libertin, près d'aflronter une opération dangereuse, rude châtiment de ses longues débauches, prenait la précaution de se réconcilier avec Dieu, il allait trouver Bourdaloue. «Ah! c'était une belle confession que celle-là, s'écrie madame de Sévigné * ;
il y fut {[ualre heures Il y avait huit ou dix ans qu'il
n'y avait été. » Combien d'autres « belles confessions » de ce genre Bourdaloue n'a-t-il pas entendues !
Nulle part il n'était plus admirable (ju'au chevet des mouranis. De toutes les œuvres de charité, celle qui excitait davantage son zèle, celait la visite des malades. Uiches eu pauvres, il aira.ut à les fréjjuenter, les consolait, et, quand ils commenvaient d'être en danger, les préparait à la mort avec un incomparable mélange de fermeté et de douceur, joignant aux plus délicats ménagements pour la faiblesse de la nature une active vigilance pour les intérêts de l'élernilé. Il parlait alors, nous dit le P. Bretonneau, « en homme vraiment apo^toli([ue. Te n'était pas sans réflexion et sans étude. Il savait trop de (|uelle conséquence il est de ménager des moments si précieux , et de ne les pas perdre en des discours vagues et peu utiles. Outre le long usage i\m l'avait formé à ce saint exercice, outre la méthode particulière qu'il s'en était lui-même tracée, il prévoyait ce qu'il avait à dire; et, s'abandonnent ensuite à l'esprit de Dieu, il disait tout ce qui peut porter une àme à la pénitence et à la contiance \ »
Ce ministère, toujours délicat, l'est plus encore avec