‹ Bourdaloue, sa prédication et son temps [précédée d'une Notice sur Anatole FeugèreChapitre 313 sur 323 · LE SENTIMENT RELIGIKUX AU XVII* SIÈCLE · texte numérisé non relu

LE SENTIMENT RELIGIKUX AU XVII* SIÈCLE

vous troublent, certaines inquiétudes que vous portez dans le secret de Tàme, et que la dissipation du monde ne peut tellement assoupir, qu elles ne se réveillent quelquefois, et lorsque vous vous y attendez le moins. Vous trouverez qu'il y a toujours certaines vues qui vous surprennent à certains moments, et qui vous saisissent tout à coup; certaines frayeurs subites qui vous alarment au milieu même ou de vos affaires humaines, ou de vos divertissements les plus profanes. C'est ce que vous avez éprouvé en bien des rencontres, ce que vous éprouvez encore : et là-des;!us je ne veux point d'autres témoins que vous. Or qu'est-ce que tout cela que des principes de foi, quoique éloignés, dont il ne tient qu'à vous de profiter ' ? i

On en profitait tôt ou tard. Beaucoup attendaient le déclin, peut-être les derniers jours; d'autres ne différaient pas si longtemps, et, comme la comtesse de Grammont, retournaient à une solide dévotion « avant que l'âge, le monde ni le miroir les pussent fairis penser à chanjj;er de conduite * ». Un jour venait où l'àrae, ébranlée par le coup de la grâce, renonçait à la mondanité, se consacrait à la pénitence, et tournait toutes ses pensées vers l'éternité. Alors on voyait « des hommes sans religion, des athées de créance et de mœurs, tellement confirmés dans leurs désordres, qu'à peine tous les miracles suffiraient pour les en retirer », par un « changement également prompt et sincère », « rentrer dans les voies de Dieu » : « Illustres exemples, continue Bourdaloue, exemples récents que nous avons vus et que nous avons admirés 3. » Ainsi l'on s'abandonnait au mal, on s'y jetait souvent avec fureur; maison ne s'y livrait ni sans combat, ni sans retour. Pour ètrejuste envers le dix-septième siècle, il ne faut rappelerabsolumentnilesièclede ia vertu, ni le siècle de la corruption ; il faut l'appeler le siècledes grands repentirs, ce qui suppose tout à la fois et de graves désordres, et de

1. Dominicales. 4» dim. ap. la Pentecôte, sur les Œuvras df la foi. fin, i. VI, p. 147.

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