‹ Bourdaloue, sa prédication et son temps [précédée d'une Notice sur Anatole FeugèreChapitre 37 sur 323 · Préface du P. Bretonneau, t. I, p. î · texte numérisé non relu

Préface du P. Bretonneau, t. I, p. î

devant le roi qui allait d'ordinaire au sermon ce jour-là, et une autre année le jeudi de la première semaine, cette fois dans une paroisse ? Le P. Bretonneau, on vient de le voir, nous donne du moins l'assurance que tous les sermons où Bourdaloue adresse la parole au roi ont bien réellement été prononces devant Louis XIV, au jour de l'année ecclésiastique marqué par l'éditeur. Mais on voit aussi qu'il s'en faut de beaucoup que tous les sermons du Carême appartiennent à la môme année.

Celte observation s'applique aux Avenls comme au Carême: Ainsi le sermon pour la fête de la Nativité, qui termine le second Avent, est de 1097 ; Bourdaloue y fait des allusions parfaitement claires, d'abord àlapaix deRyswick signée cette année même, puis au mariaf,'o du ducde Bourgogne, qui venait d'être célébré quelques jours auparavant. Mais il est impossible que les sermons qui composent ce second Avent datent tous de 1697.

Car de l'Avent de 1697 il nous reste certainement un autre sermon, le sermon pour la Toussaint. Mais ce n'est pas, commeon pourrait le croire, celui qui ouvre le second Avent ; c'est le second des deux sermons pour la Toussaint que le P. Bretonneau a placés dans le recueil des Mystères. Pourquoi? est-ce parce que ce discours est plus particulièrement dogmatique? Nullement, car il est au contraire tout moral. Est-ce un pur effet du hasard? Cela n'est pas impossible. La raison la plus vraisemblable, c'est que le jour de la Toussaint 1697, Bourdaloue adressait déjà au roi des félicitations sur la paix de Ryswick, et c'est ce qui nous permet de fixer la date de ce sermon : or, ces félicitations, Bourdaloue, nous l'avons vu plus haut, les renouvelle à la fin de la station, dans le sermon pour la Nativité. Peut-être le P. Bretonneau a-t-il craint que, si le lecteur trouvait dans le premier et dans le dernier discours du même Avent deux compliments assez semblables entre eux, et portant en partie sur le même fait, il ne résultât decette répétition quelque monotonie.

Ainsi le P. Bretonneau a entre les mains deux sermons -se rapportant manifestement à la môme année 1697, et, au

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lieu de les placer l'un et l'autre dans le même Avent, \[ rejette l'un des deux dans une tout autre partie des œuvres de Bonrdaloue. Rien ne saurait prouver plus clairement combien le P. Bretonneau est étranger à toute préoccupation chronologique.

On comprend, d'après ce que nous venons de dire, qu'il est d'une extrême difficulté de retrouver les dates précises des divers sermons. Une pareille investigation est un travail d'éditeur, et ne saurait rentrer dans le cadre de cette étude. Mnis il y faudrait un éditeur érudit, patient, et qui n'aurait peur ni des longues recherches ni des déceptions; car les déceptions, nous avons lieu de le craindre, seraient nombreuses, et il faudrait bien souvent se résigner à l'ignorance, tout au moins au doute. Quoi qu'il en soit, notons en passant qu'une édition historique àe Bourdaloue reste à faire.

En ce qui nous concerne, il suffira de donner ici quelques renseignements généraux et probables, quelques dates importantes, ne fût-ce (jue pour rectifier des erreurs qui parfois ne laissent pas d'être graves. Il est curieux devoir comment ces erreurs s'accréditent, en font naître d'autres, et quelle série de conséquences à l'avantage ou au détriment deBourdakvie on peut tirer d'une date fausse.

Madame de Sévigné écrit- dans un lettre souvent citée : « Je m'en vais en Bourdaloue; on dit qu'il s'est mis à dépeindre les gens, et que l'autre jour il lit trois points de la retraite de Tréville ; il n'y manquait que le nom ; mais il n'en était pas besoin *. » Tous les annotateurs de madame de Sévigné, jusqu'au plus exact et au plus récent ^, croient reconnaître les trois points dont parle madame de Sévigné dans le sermon pour le quatrième di-

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