T. IV, c. vu
BIBLIOGRAIMIIE 55
la Justesse et la force (|u'on connaîtra mieux ces orateurs sacrés.
La critique protestante mérite dans la bibliographie de Bourdaloue une place spéciale; car, nous ne sommes pas les premiers à en faire la reraanjue, Bourdaloue a trouve chez les protestants des juges très favorables et beaucoup d'admirateurs. Il faut citer en première ligne M. Vinet, dont nous ne saurions accepter toutes les appréciations, mais qui a écrit sur Bourdaloue des articles pleins d'une gravité é(iuitable et judicieuse que nous nous plaisons à reconnaître ^
Bourdaloue est fort goûté n l'étranger, et particulièrement en Angleterre. La Itcvue d' Édimbounj a donné en décembre iSit) un article sur V Eloquence de la chaire attribué à lord Brougliam, où l'admiration pour l'éloquence de Bourdaloue a trop souvent le tort de prendre la formed'une invective contre Bossuet.
C'est le reproche contraire <pie mériterait M. l'abbé Hurel dans l'ouvrage, déjà cittî par nous, des Orateurs sacrés à la cour de Louis XIV^. Bossuet, dont M. l'abbé Hurel comprend si bien la grandeur et le génie, n'a pas besoin pour sa gloire (ju'ou lui sacrifie Bourdaloue, ni qu'on traite le célèbre jésuite avec une sévérité excessive et parfois presque dédaigneuse. On ne voit pas sans élonneraent et sans regret «lunn prédicateur aussi habile et aussi expérimenté que M. l'abbé Hurel ait plus de peine que les critiques protestants à s'expli(}uer le succès de Bourdaloue et à comprendre son éloquence.
Nous avons, pour notre part, trouvé grand prolit à lire et à comparer ces diverses études, dont plusieurs sont dues à la plume de juges si autorisés. Mais c'est à bien connaître et à bien comprendre le texte même de notre prédicateur (jue nous nous sommes d'abord et surtout ap-
i. Ces articles, publiés «l'abord dans lo Semi^ur (2 et 23 août, 20 septembre et 22 novembre 18i3;, ont été réunis dans un volume de Mélangi^s, qui fait partie des Œuvres compléUSJ de M. Vinet.