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donner des règles de conduite précises : voilà le fond d'un sermon vraiment chrétien. La prédication devient ainsi peu diirérente de la direction. Les sermons de Bourdaloue suffisent en effet à justifier la réputation qu'il s'était acquise de directeur excellent. Lorsque, après une conférence spirituelle avec quelqu'un de ceux qui l'avaient choisi pour guide, il montait en chaire, c'était, pour lui, changer de théâtre plutôt que changer de rôle. Son auditoire était à ses yeux comme une personne qu'il dirigeait dans les voies du salut, l'instruisant de tout ce qu'il est indispensable de savoir, lui montrant tous les écueils, lui ouvrant les yeux sur les maladies qui la mettaient en péril, et lui indiquant les remèdes. « Âlon cher auditeur, » dit-il de préférence, comme s'il s'adressait à un seul et gardait dans le discours public les habitudes et les allures d'un entretien particulier.
Il est déjà facile de prévoir combien un pareil système de prédication offre de garanties contre le vague, la banalité, l'amplification creuse et stérile, en un mot, contre tout abus de la parole. C'est encore le désir de prêcher avec solidité et la crainte excessive de toute vaine déclamation qui détermine Bourdaloue dans le choix de son procédé le plus ordinaire, la dialectique. Comme un dialecticien, Bourdaloue explique, divise, distingue, marche avec ordre et méthode. Enfin tous ses discours sont des combinaisons savantes de raisonnements fortement enchaînés. L'argumentation ne s'arrête que pour faire iplace à ces peintures morales qui donnent à la doctrine toute sa valeur pratique.
Bourdaloue s'adresse donc à la raison beaucoup plus qu'à l'imagination et à la sensibilité. D'autres chercheront à provoquer les émotions fortes qui ébranlent l'àme ou les sentiments tendres qui la ravissent : il lait peu de fond sur ces moyens ordinaires de l'éloquence religieuse, plus propres, dans sa pensée, à consacrer la réputation du prédicateur qu'à convertir l'auditoire, et par lesquels on n'obtient de l'àme chrétienne que des aspirations vagues, des désirs sans effet ou des élans sans portée. Si parfois le to