‹ Bourdaloue, sa prédication et son temps [précédée d'une Notice sur Anatole FeugèreChapitre 9 sur 323 · NOTICE XII · texte numérisé non relu

NOTICE XII

le traiter avec plus de fermeté et d'ampleur? Cet enseignement de trois années répondait de l'avenir. Nous n'en avons marqué ici que les lignes essentielles et l'enchainement logique. Pour ressaisir quelque chose de son mouvement, de sa variété, et justifier ainsi la réputation croissante du jeune maître, c'est au détail même des leçons qu'il faudrait venir, à l'unité toujours sévère de leur composition, à la sûreté de leurs conclusions, au charme des portraits et quelquefois des rapides et ingénieuses digressions qui touchaient finement à quelque préoccupation de notre temps .Ce ne seraient pas seulement nos propres souvenirs qui nous aideraient dans cette douce vision du passé. Combien de fois avons-nous soulevé [et ouvert avec émotion ces liasses pesantes de papiers manuscrits qui sont la confidence desalongue préparation! Combien de pages avons-nous lues écrites de verve et qui pourraient être livrées à la publicité! M. Paul Blanchemain en a du moins sauvé plusieurs, jaloux de ne rien laisser perdre de ce qui pouvait composer le reliquaire où il réunissait tout ce qui devait honorer la mémoire de son ami. C'est à sou livre que nous renverrons ceux qui ont connu et aimé le jeune professeur du Collège de France ^

L'année scolaire 1877 allait s'achever. Nommé au mois de Juillet maître de conférences à la Faculté des Lettres, A. Feugère, qui devait en outre, l'année suivante, conserver la suppléance de M. de Loménie, allait ainsi appartenir tout entier à l'enseignement supérieur. Il ne dissimulait pas le chagrin qu'il éprouvait à la pensée de quitter le collège Stanislas auquel il était attaché par tant de liens affectueux, et, pour sa part, il

1. Voir dans le livre de M. Paul Blaschemain les chapitres VJI, TIII et IX de la page i28 à la page 227.

Page 1